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Don d'organes

L’hôpital Foch réalise la première greffe d’utérus en France

Dimanche 31 mars, une femme de 34 ans née sans utérus a pu bénéficier d’une greffe de cet organe dans un hôpital francilien grâce au don de sa mère. C’est la première fois qu’une telle opération est réalisée en France.

L’hôpital Foch réalise la première greffe d’utérus en France magicmine/iStock

  • Publié 11.04.2019 à 17h00
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C’est une première médicale sur le sol français. Dimanche 31 mars, une femme de 34 ans née sans utérus a pu être greffée de cet organe à l’hôpital Foch de Suresnes, en région parisienne.

Réalisée par l’équipe du professeur Jean-Marc Ayoubi, chef de service de gynécologie-obstétrique et médecine de reproduction de l’hôpital Foch, cette greffe d’utérus a été réalisée à partir d’une donneuse vivante de 57 ans qui n’est autre que la mère de la receveuse. Cette dernière, atteinte du syndrome de Rokitansky-Küster-Hauser, est née sans utérus, une condition qui touche une femme sur 4 500 à la naissance.

Interrogé par l’AFP, Jean-Marc Ayoubi a assuré que les deux patientes "vont bien". "La patiente transplantée n'est pas encore enceinte et le transfert d'embryons préalablement congelés pourrait se faire dans dix mois", explique le chirurgien. Dans les cas précédents, réalisés à l’international, "cela s’est fait entre six et douze mois", a-t-il relevé.

Une greffe provisoire

À l’heure actuelle, la greffe d’utérus est destinée aux femmes nées sans cet organe ou à celles à qui il a dû être enlevé. La durée opératoire totale a été de l’ordre de 14 heures. C’est l’intervention pour le prélèvement de l’utérus qui a été la plus longue : l’équipe chirurgicale a dû se montrer très méticuleuse pour que l’utérus soit réimplantable. Elle s’est servie d’un robot offrant une vision en 3d afin de mieux disséquer les vaisseaux très fins. La greffe a quant à elle été réalisée par chirurgie classique.

Toutefois, précise le Dr Ayoubi, cette greffe n’a pas de vocation à être permanente en raison du traitement immunosuppresseur. Il rappelle d’ailleurs qu’il s’agit d’une greffe "provisoire" qui devrait permettre à la receveuse d’avoir un enfant.

En effet, pour rendre le traitement antirejet adapté à une grossesse, celui-ci est "moins lourd" que dans le cas d’autres transplantations d’organes. Selon le chirurgien ce type d’opération représente une alternative expérimentale à la gestation pour autrui (GPA), pour l’heure interdite en France, ou encore à l’adoption.

D’autres greffes d’utérus prévues en France

Pour réaliser cette première transplantation d’utérus en France, l’équipe du professeur Ayoubi a reçu l'autorisation de l'Agence de la biomédecine et de l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). L’essai clinique devrait leur permettre de réaliser 9 autres greffes avec donneuses vivantes apparentées. Une équipe du CHU de Limoges a quant à elle reçu l’autorisation pour 8 greffes avec donneuses en état de mort cérébrale.

La première greffe d’utérus a eu lieu en Suède en 2014 avec l’équipe du professeur Mats Brännström, de l’Université de Göteborg, qui a collaboré avec celle du Dr Ayoubi. "On travaille avec cette équipe pionnière suédoise depuis sept à huit ans (...). Nous avons apporté notre expertise en chirurgie robotique qu'ils ont utilisée pour leurs cinq dernières greffes" afin d'effectuer le prélèvement de l'utérus, a précisé le chirurgien français.

De cette première mondiale, est né un bébé un an après la transplantation. La donneuse vivante était quant à elle âgée de 61 ans.

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