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Accoucher par césarienne augmente le risque de complications graves

Par Mégane Fleury

Les femmes âgées de 35 ans et plus sont particulièrement concernées.

BugTiger/ISTOCK

Chaque année, environ 100 000 femmes accouchent par césarienne. La Haute autorité de santé aimerait voir ce chiffre diminuer, car selon elle, 7 opérations sur 10 pourraient être évitées. Ces opérations ne sont pas sans risque et une nouvelle étude vient le confirmer : ce type d’accouchement augmente le risque de complications graves, en particulier pour les femmes de 35 ans et plus. 

Une multiplication des risques de complications graves

Les travaux, publiés dans le Journal de l’Association médicale canadienne, se basent sur une vaste étude menée en France, EPIMOMS, qui vise à enrichir nos connaissances sur la morbidité maternelle. Au total, 1 444 femmes ayant connu des complications graves après avoir accouché ont participé à l’étude, avec 3 464 autres, constituant le groupe de contrôle. L’analyse des données montre qu’une femme de moins de 35 ans a un risque multiplié par 1,5 de complications graves si elle accouche par césarienne, en comparaison à celles qui accouchent par voie naturelle. Lorsque les femmes sont âgées de plus de 35 ans, ce risque est deux fois plus élevé. 

Des dangers pour la mère et pour l’enfant 

Les complications graves étudiées par les chercheurs sont principalement les hémorragies post-accouchement, mais la césarienne peut aussi augmenter l’infertilité, de placenta anormal ou les ruptures utérines. A long terme, cela peut avoir aussi des conséquences sur le nouveau-né car cette technique d’accouchement modifie les expositions bactériennes, hormonales, physiques et médicales. L’enfant peut avoir un développement immunitaire altéré et donc plus de risques d’asthme ou d’allergie. 

Les femmes inégales face à la césarienne

Au début du mois de mars, une étude britannique a montré les inégalités des femmes dans le monde face aux césariennes : les Africaines ont cinquante fois plus de risque d’en mourir, en comparaison aux femmes vivant dans des pays riches. La méthode d’accouchement, aussi risquée soit-elle, reste indispensable, mais sa proposition ne devrait pas dépasser 15% du total des accouchements.