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Accident vasculaire cérébral

AVC : 35 minutes de marche par jour pour diminuer la gravité

Par Charlotte Arce

Selon une nouvelle étude suédoise, les personnes pratiquant une activité physique légère à modérée présentent moins de risque de faire un AVC grave que celles qui sont physiquement inactives.

spukkato/iStock

Ce n’est pas une surprise, mais il est toujours bon de le rappeler : la marche à pied a un impact très positif sur la santé. Alors que plusieurs études avaient déjà démontré que marcher régulièrement ou pratiquer une activité physique légère diminuait le risque d’obésité et d’accident cardiovasculaire, une nouvelle publication de la revue Neurology revient sur les bénéfices de la marche à pied et sur la nécessité de lutter contre la sédentarité.

Menés par des chercheurs de l’Université de Göteborg, en Suède, ces nouveaux travaux ont porté sur la pratique régulière d’une activité physique légère à modérée et sur son impact sur la gravité des accidents vasculaires cérébraux (AVC). "L'AVC est une cause majeure d'invalidité grave, il est donc important de trouver des moyens de prévenir ou de réduire l'invalidité qu’il cause", explique dans un communiqué le Pr Katharina S. Sunnerhagen, co-auteure de l’étude. "Bien que l'exercice soit bénéfique pour la santé à bien des égards, nos recherches suggèrent que le simple fait de faire un peu d'activité physique chaque semaine peut avoir un impact important plus tard en réduisant peut-être la gravité d'un AVC."

Un vrai risque pour les personnes sédentaires

Pour parvenir à cette conclusion, les chercheurs ont examiné deux registres suédois répertoriant des cas d’AVC. Ils y ont identifié 925 personnes âgées en moyenne de 73 ans et qui avaient subi un AVC d’un degré de gravité varié. 80% des participants à l’étude avait souffert d’un AVC léger.

Afin de déterminer le lien entre AVC et activité physique, les participants ont aussi dû répondre à un questionnaire sur leur pratique sportive ou de loisirs avant de faire leur AVC : des questions sur la durée et l'intensité de l'exercice ont été utilisées pour déterminer la quantité moyenne d'activité physique.

Pour affiner leurs résultats, les chercheurs ont défini comme activité physique légère la marche au moins 4 heures par semaine. L'activité physique modérée a quant à elle été définie comme la pratique d’un sport plus intense. Par exemple la natation, la marche rapide ou la course à pied 2 ou 3 heures par semaine. Parmi les participants à l'étude, 52% ont dit qu'ils étaient physiquement inactifs avant de subir leur AVC.

Les chercheurs ont alors constaté que les personnes qui pratiquaient une activité physique légère à modérée avant leur AVC étaient 2 fois plus susceptibles d'avoir un AVC léger plutôt qu'un AVC modéré ou grave, comparativement aux personnes qui étaient physiquement inactives. Sur 481 personnes physiquement inactives, 354 ont eu un AVC léger, soit 73 %. Sur les 384 personnes qui ont fait de l'activité physique légère, 330 ont eu un AVC léger, soit 85%. Enfin, parmi les 59 personnes qui pratiquaient une activité physique modérée, 53 ont eu un AVC léger, soit 89%.

Un effet protecteur sur le cerveau

Les chercheurs ont constaté que l'activité physique légère et modérée était tout aussi bénéfique, tant sur la santé cardiovasculaire que sur le cerveau. "Il y a de plus en plus de preuves que l'activité physique peut avoir un effet protecteur sur le cerveau, et nos recherches s'ajoutent à ces preuves", explique le Pr Sunnerhagen. Cependant, note-t-elle, "d'autres recherches sont nécessaires pour mieux comprendre comment l'activité physique influe sur la gravité d'un AVC". "L'inactivité physique devrait être surveillée comme facteur de risque possible d'AVC grave", ajoute la spécialiste.