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Patience et bienveillance

Maladie d'Alzheimer : comment communiquer avec un proche malade ?

Par Charlotte Arce

Lorsque la maladie d’Alzheimer survient chez un proche, nous sommes souvent décontenancés. Il semble changé, moins concentré, et la conversation se fait progressivement plus laborieuse. Il faut alors faire preuve de patience, de douceur et d’écoute pour poursuivre le dialogue.

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Aujourd’hui, 900 000 personnes vivent avec la maladie d’Alzheimer en France, et celle-ci pourrait toucher 1,3 million de patients d’ici 2020.

Touchant principalement les personnes âgées de 80 ans et plus, cette maladie neurodégénérative entraîne de manière progressive et pour le moment irréversible un dysfonctionnement des neurones du cerveau, qui finissent par mourir. S’installant de manière insidieuse, la maladie d’Alzheimer est souvent diagnostiquée lorsque des pertes de mémoire de plus en plus récurrentes sont constatées.

À mesure que la personne atteinte par la maladie perd en autonomie, il devient alors de plus en plus difficile pour ses proches de continuer à converser normalement avec elle. Cela peut être très déstabilisant.

Comment en effet continuer à discuter, à échanger, alors que le ou la malade ne semble pas les reconnaître, a l’esprit ailleurs ? Comment capter son attention ? Quels sujets faut-il éviter d’évoquer ? Voici quelques conseils pour réussir à mener de petites conversations avec le malade tout en stimulant sa mémoire et son langage défaillant.

Savoir capter l’attention

Il arrive souvent que les malades d’Alzheimer peinent à focaliser leur attention sur quelqu’un ou sur quelque chose. De plus en plus "dans leur bulle", il faut alors faire preuve de patience et d’empathie pour les amener doucement à se recentrer.

La première des tâches consiste à préparer l’environnement afin qu’il puisse être concentré en écartant les distractions. Il faut alors s’installer de préférence dans une pièce au calme et éteindre la télévision si elle est éteinte.

Pour obtenir l’attention d’un malade, il est essentiel de maintenir avec lui un contact visuel. Placez-vous face à lui, de sorte qu’il puisse vous voir en permanence. N’hésitez pas à joindre le geste à votre parole en touchant doucement son bras ou sa main : ce contact physique est très important car c’est grâce à lui que vous lui communiquez vos émotions et votre bienveillance.

Des phrases courtes et claires

Pour converser avec une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer, il est conseillé de lancer la discussion sur des sujets qu’il aime et qu’il connaît : ses passions, sa vie, sa famille… Utilisez des phrases courtes, avec des mots simples, que vous n’hésiterez pas à répéter si besoin.

Vous pouvez aussi pointer du doigts les objets ou les personnes dont vous parlez pour faciliter la compréhension, conseille le site Vivre en aidant : il n’est en effet pas rare qu’un malade ait besoin d’un petit temps supplémentaire pour savoir de qui ou de quoi il est sujet.

Le maître-mot lors d’une discussion avec un malade est la patience. Même s’il ne comprend pas ce que vous essayez de lui dire, gardez une voix posée et calme, ne vous énervez pas car même malade, il est sensible aux émotions que vous dégagez. Un signe d’impatience, un regard sévère peuvent être très mal vécus. 

Veillez aussi à toujours inclure le malade dans vos discussions, même si celui-ci semble peut réceptif : ne parlez pas de lui à la 3e personne alors qu’il se trouve en face de vous.

Pour lui poser des questions, utilisez de préférence des questions fermées, qui appellent une réponse claire et courte : "Veux-tu boire de l’eau ?" plutôt que "Que veux-tu boire ?", par exemple.

Ne pas attrister ou contrarier

Lorsque l’on converse avec une personne atteinte de la maladie d’Alzheimer, il est conseillé d’éviter certains sujets de discussions. Parmi ceux-ci, le décès d’un ou d’une proche et qu’elle aurait oublié. Dans un article du Huffington Post, l’Américaine Marie Marley, auteure du livre Come Back Early Today, explique : "Il n'est pas rare qu'une personne atteinte de démence pense que son conjoint, parent ou autre proche est vivant alors qu'il est décédé. (…) Si quelqu'un l'informe que cette personne est morte, il pourrait ne pas le croire ou se fâcher. S'il le croit, il sera probablement très attristé par la nouvelle. Il est d'autant plus inutile de l'en informer qu'il est à même d'oublier rapidement l'information et de penser à nouveau que le proche est vivant."

Il faut aussi éviter autant que possible de reprendre une personne atteinte d’Alzheimer, même si elle se trompe dans ses propos : cela risquerait de la mettre dans l’embarras ou de la chambouler. Même chose avec les sujets de discussions susceptible de la contrarier ou de la rendre triste, qu’il vaut mieux ne pas évoquer.

En revanche, n’hésitez pas à vous appuyer sur des supports (photos, musique, souvenirs…) pour évoquer le passé et les années heureuses de la vie du malade. Ces points de repère, qu’il conserve plus longtemps en mémoire, auront le don de le combler.