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Alzheimer : l'APOE et ses variations modifient le risque et l’âge d’apparition de la maladie

Dans le risque d'apparition de la maladie d’Alzheimer, il existe un déterminant génétique majeur : l’Apo E. Une étude réalisée aux Pays-Bas évalue les effets de 23 variations génétiques (variants génétiques) du gène de l’Apo E, sur le risque et l’âge d’apparition de la maladie d’Alzheimer.

Alzheimer : l'APOE et ses variations modifient le risque et l’âge d’apparition de la maladie KatarzynaBialasiewicz/istock

  • Publié 20.03.2018 à 07h41
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La maladie d’Alzheimer, forme de démence la plus commune, est l’une des pathologies où un caractère héréditaire est retrouvée. Un déterminant génétique majeur, le gène APOE, a été mis en évidence, ainsi que 23 variants génétiques, associés à la pathologie.

Aux Pays-Bas, la Rotterdam Study évalue différents paramètres ayant une influence sur la santé des personnes âgées et un volet de l'étude a analysé les effets du gène APOE et de ses variations sur le risque et l’âge d’apparition de la maladie d’Alzheimer, ainsi que de démence toutes causes confondues. Les résultats de cette étude ont été publiés dans le Lancet le 16 mars 2018.

Le gène APOE

La maladie d’Alzheimer est une maladie multifactorielle avec une composante génétique importante (60 à 80% selon les cas). Le gène APOE est LE facteur génétique commun le plus conséquent dans la maladie. L’APOE est impliqué dans certaines voies biologiques identifiées pour la maladie d’Alzheimer (l’endocytose, le repliement des protéines, l’hémostase et la réponse immunitaire par exemple).

Ce gène a trois allèles communs : l’allèle protecteur APOE ε2, le neutre ou allèle de référence APOE ε3, et l’allèle "de risque" APOE ε4. Selon des études antérieures, les porteurs homozygotes d’APOE ε4 ont un risque estimé de maladie d’Alzheimer de plus de 50% à 85 ans, contre moins de 10% pour ceux qui ne sont pas porteurs de cet allèle.

L'apparition de la maladie différée jusqu'à 29 ans !

La Rotterdam Study, étude de cohorte prospective, inclut 12 255 personnes âgées dont le suivi a duré en moyenne 11 ans. Au sein de la cohorte 1 609 personnes ont développé une démence dont 1 262 (78%) une maladie d’Alzheimer. Selon les auteurs, l’APOE modifie significativement le risque de survenue d’une maladie d’Alzheimer et de démence.

Concrètement, les divergences de risque se traduisent par une différence de 18 à 29 ans dans l’âge d’apparition de la maladie d’Alzheimer et une différence de 18 à 23 ans dans celui d’apparition de la démence.

Selon les chercheurs, l’effet est d’autant plus prononcé lorsque l’on prend en compte l’histoire parentale de la démence.

Un pas de plus vers la médecine de précision 

En pratique, les génotypes de l’APOE ont une forte influence sur le risque de maladie d’Alzheimer : à 85 ans le risque de maladie d’Alzheimer est de 48,3% pour les personnes homozygotes pour l’allèle ε4 contre 18,4% pour les personnes hétérozygotes.

Les porteurs de l’allèle ε3 ont un risque plus faible de développer la maladie : 8,6% pour les porteurs homozygotes ε3 contre 5,5% pour les homozygotes ε2.

Chez les porteurs homozygotes de l’APOE ε4, un risque de 40% de développer la maladie d'Alzheimer est atteint 10 ans plus tôt, de même pour la démence.

Les chercheurs concluent que les variants génétiques modifient le risque et l’âge d’apparition de la maladie d’Alzheimer et de la démence, en particulier chez les porteurs de l’allèle ε4 du gène APOE.

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