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Un savon mis au point contre le paludisme

Par Philippe Berrebi

On connaissait le savon de Marseille, voici le Faso soap. Et ses vertus pourraient intéresser l’ensemble de la planète puisque ce produit devrait s’inscrire dans l’arsenal de prévention contre le paludisme. Une maladie redoutable qui se transmet par les piqûres du moustique anophèle. 600.000 personnes en décèdent chaque année, principalement des enfants de moins de cinq ans. 219.000 cas par an apparaissent et sont concentrés à 80 % en Afrique subsaharienne.
C’est justement dans l’un de ces pays d’Afrique que commence l’histoire du Faso soap et que raconte aujourd'hui le Parisien. Moctar Dembele, 22 ans, et Gérard Niyondiko, 35 ans, de l’Institut international de Ouagadougou (Burkina Faso) ont mis au point un savon de toilette dosé en huiles essentielles pour tenir à distance les moustiques. « En plus d’une base de karité, explique Gérard au quotidien, il y aura de la citronnelle ». 

D’autres ingrédients entrent dans la composition de ce savon, mais ses concepteurs ne peuvent pas dévoiler, pour l’instant, les secrets de fabrication. Toutes les matières premières étant disponibles sur place, le savon sera vendu 0,46 euros. Moctar Dembele et Gérard Niyondiko viennent d'obtenir deux prix de 26.500 dollars lors d'un concours aux Etat-Unis pour financer la suite de leurs travaux, précise le journal.

« Tout le monde, en Afrique subsaharienne, vit avec cette épée de Damoclès sur la tête », rappellent les concepteurs, tous deux touchés par le paludisme durant leur enfance. Ils ne prétendent pas éradiquer le paludisme avec le savon, mais simplement apporter « un élément de prévention accessible à tous, même aux plus pauvres ». La commercialisation est prévue dans les 2 à 5 ans.