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Avancée médicale

Paraplégie : la rééducation améliore la fonction de la vessie et l’activité sexuelle

Par Johanna Hébert

Des chercheurs de l’Université de Louisville, aux Etats-Unis, démontrent en quoi la rééducation physique des personnes paraplégiques peut permettre, aussi, d’améliorer la fonction de leur vessie et de leur activité sexuelle. 

photographee.eu/Epictura
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La paraplégie est l’une des formes de lésion de la moelle épinière. On l’appelle aussi "lésion médullaire grave". Cette lésion se trouve au niveau des vertèbres lombaires ou de la colonne vertébrale thoracique inférieure. Concrètement, une personne paraplégique n’a plus de motricité ni de sensibilité dans la partie inférieure de son corps (sous le buste). Elle perd son activité musculaire, mais aussi ses fonctions dites "végétatives", comme la vessie ou le colon. L’activité sexuelle est elle aussi fortement perturbée. 

Des chercheurs de l’Université de Louisville, dans l’état américain du Kentucky, ont découvert les avantages inattendus de la rééducation physique. Parmi eux: amélioration de la vessie, du colon et augmentation du désir sexuel. Les résultats sont publiés dans la revue PLOS ONE.

L’activité physique, clé du progrès 

Les patients ont reçu la formation physique suivante : de la marche sur un tapis roulant avec leurs poids soutenu, et un exercice consistant à se tenir debout, dans un cadre prévu à cet effet. Chaque personne, tout au long de l’étude, devait remplir des questionnaires sur  sa vessie, la fonction de ses intestins et de son activité sexuelle. Au fur et à mesure, les patients ont rapporté que leur incontinence diminuait, le fonctionnement de leurs intestins s’améliorait. Et leur désir sexuel augmentait. 

L’espoir d’une meilleure qualité de vie 

Les troubles de la vessie et des intestins, chez les personnes paraplégiques, entachent fortement leur quotidien. Pour la vessie par exemple, les patients doivent être pris en charge quotidiennement. Cela nécessite la pose d’un cathéter et l’administration de médicaments afin d’éviter une septicémie. Il peut aussi y avoir des effets secondaires. Pour le docteur Charles Hubscher qui a conduit l’étude, ces progrès pourraient permettre, à terme, de diminuer ces prises en charges supplémentaires. 

Aux Etats-Unis, environ 1 275 000 personnes sont paraplégiques. En France, elles seraient environ 50 000, paraplégiques ou tétraplégique. Bien souvent à la suite d’un accident de la route, d’une tentative de suicide ou d’une blessure par arme à feu.