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Jeux paralympiques

Paraplégie : des chercheurs français améliorent les performances des athlètes

Une méthode française permet aux athlètes paraplégiques d'augmenter leurs performances. Elle serait bénéfique aussi pour la qualité de vie des personnes en fauteuil.

Paraplégie : des chercheurs français améliorent les performances des athlètes Gary Hawkins / Rex Feat/REX/SIPA

  • Publié 07.09.2016 à 08h18
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Les Jeux Olympiques d’été 2016 à peine terminés, Rio de Janeiro (Brésil) accueille du mercredi 7 au dimanche 18 septembre les Jeux Paralympiques. Comme leurs prédécesseurs, les athlètes souffrant de handicap tenteront de décrocher une médaille olympique, mettant ainsi leur organisme à très rude épreuve. Un programme d'entraînement sportif inédit a été mis au point par des chercheurs français de l'Inserm, pour les sportifs paraplégiques. Il permet d'améliorer les performances, mais présente aussi des bénéfices pour les patients paralysés.

Impliquée tout au long de l’année dans des travaux sur les interactions entre activité physique, sport et santé, la chercheuse Gaëlle Deley a mis en place cette nouvelle méthode nommée « Stimule ton handicap » (1). Sa nouveauté : elle permet aux personnes paraplégiques de pratiquer une activité physique en sollicitant tous leurs muscles.

Des résultats "spectaculaires" 

Dans un laboratoire dijonnais, les six participants qu'elle a sélectionnés ont réalisé chaque semaine un exercice de 30 minutes utilisant un rameur associé à un système de stimulation électrique, lors d’une séance individualisée. Des électrodes collées sur les cuisses des participants envoient un courant de faible intensité. Leurs muscles se contractent et propulsent le siège en arrière. L’action des membres supérieurs et la stimulation des muscles ischio-jambiers ramènent alors le siège vers l’avant.

Et les résultats obtenus par l'équipe de l'Inserm sont « spectaculaires », confie Gaëlle Deley. Après 6 mois d’entraînement, la force musculaire de ces personnes paraplégiques, compétiteurs de handbike, a augmenté de plus de 170 %, la masse musculaire de plus de 102 %, le potentiel aérobie de plus de 77 % et un réel impact sur leur qualité de vie a été observé. « Même sans électrodes collées sur les cuisses, les bénéfices observés se répercutent sur les activités à proprement parler (handbike, etc) », précise Gaëlle Deley. Avis donc aux fédérations de handisport.

Ecoutez...
Gaëlle Deley, chargée de recherche Inserm : « Un compétiteur de handbike nous a rapporté qu'il était passé d'un niveau "moyen" à côtoyer les meilleurs lors de ces... »

 

Une qualité de vie améliorée pour les paraplégiques 

Par ailleurs, d'autres résultats très encourageants ont été obtenus chez des paraplégiques lambdas, non compétiteurs. Avec des personnes qui sont devenues de plus en plus endurantes au fil des mois. Pour ces personnes, les montées en fauteuil, auparavant difficiles, sont désormais possibles. « Pareil pour la distance qui passe sans problème », ajoute Gaëlle Deley. Selon elle, ces paraplégiques en ont fini avec l'angoisse de ne pas pouvoir rentrer en fauteuil lors d'une balade à l'extérieur. Pour d'autres participants à l'étude, le programme leur a permis tout simplement de reprendre le goût à l'effort, se réjouit la scientifique.

Ecoutez...
Gaëlle Deley : « Certaines paraplégiques n'avaient plus de muscle au niveau des jambes et des cuisses. Grâce au programme, elles se remettent en jupe, en short... »


Enfin, suite à ces résultats encourageants, les chercheurs ont adapté le programme aux personnes tétraplégiques (prises en charge à Boston), hémiplégiques ou porteuses d’infirmité motrice cérébrale. « Pour ces personnes, notre objectif ne sera pas le même que pour les personnes paraplégiques. Il visera à renforcer leurs membres inférieurs. On leur proposera de faire de l'exercice, car beaucoup nous ont confié ne plus faire de sport en salle depuis longtemps », explique Gaëlle Deley. L'idée de ce programme, c'est aussi de redonner le goût à la vie, conclut-elle.

(1) Programme mis en place avec ses collègues de l’Unité Inserm 1093 « Cognition, action et plasticité sensori-motrice » et en collaboration avec le laboratoire de recherche cardiovasculaire de Boston

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