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Une femme décède de la rougeole : 10 questions pour comprendre l'épidémie et s'en protéger

L'épidémie de rougeole persiste en Nouvelle-Aquitaine, où une femme de 32 ans a récemment perdu la vie. Au total, 269 cas ont été recensés dans la région depuis novembre 2017 et 66 ont été hospitalisés. Voici 10 questions pour mieux comprendre les dangers de l'épidémie et s'en protéger.  

Une femme décède de la rougeole : 10 questions pour comprendre l'épidémie et s'en protéger natulrich/Epictura

  • Publié 14.02.2018 à 14h45
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L'Agence régionale de santé (ARS) de Nouvelle-Aquitaine a annoncé ce mardi, le décès d'une femme de 32 ans atteinte de la rougeole. Hospitalisée le 1er février au CHU de Poitiers, elle avait été placée en réanimation dès le lendemain. La date exacte de son décès n’a pas été communiquée, mais l’ARS précise qu’elle n’était pas vaccinée. 

En France, entre le 1er novembre 2017 et le 18 janvier 2018, 123 cas de rougeole ont été recensés et 81% des ces cas se sont déclarés en Nouvelle-Aquitaine, selon l'ARS. Les départements de la Gironde et de la Vienne sont les plus touchés, mais des cas isolés de rougeole peuvent apparaître à tout endroit et initier une persistance de l'épidémie, qui continue sa progression : 269 cas ont été recensés dans la région, 66 patients ont été hospitalisés et quatre ont été placés en réanimation, dont la jeune femme de 32 ans décédée. D'après l'ARS, la couverture vaccinale est insuffisante pour stopper l'épidémie.

1. Quelles sont les caractéristiques de ce virus?

Cette infection aiguë est due à un virus, de la même famille que celui qui donne les oreillons (paramyxovirus). L’homme est le seul réservoir de virus connu. En dehors des épidémies, le virus reste blotti au fond du corps d’un "porteur" sain qui ne le sait pas. C’est un virus qui n’aime pas la chaleur, (il meurt en trente minutes lorsqu'il est exposé à une température supérieure à 60 degrés) et qui est détruit par l’alcool à 70%.

2. Comment se déroule une rougeole normale ?

C'est un feuilleton qui dure au moins 4 semaines. Imaginons qu’un virus rentre dans le corps, en respirant des gouttelettes contaminées. Il y a d’abord la phase d’incubation, de multiplication du virus, qui dure en moyenne 12 jours. Sans aucun symptôme.

Puis l’invasion commence. Elle dure 4 jours. Mais la situation change pour le malade. Il a d’abord une forte fièvre, qui est la réponse de l’organisme au virus. Son nez coule, il tousse ; il est mal en point et surtout déjà très contagieux. Survient ensuite ce que tout le monde connaît et qui a donné son nom à la maladie : l’apparition progressive de plaques rouges : au visage puis derrière le cou et enfin tout le corps, en 4 jours. A partir du 4ème jour, la peau se met à peler. La convalescence dure une dizaine de jours, pendant lesquels le malade reste fatigué.

De plus en plus de spécialiste affirment que l’enfant restera plus sensible aux autres infections pendant deux ans. Ce schéma est celui d'une rougeole "normale". Malheureusement parfois le virus produit de plus gros dégâts.

3. La rougeole peut-elle être grave?

Elle reste une maladie mortelle dans tous les pays où les enfants souffrent de malnutrition. L’épidémie qui touche en ce moment la Papouasie est là pour nous le rappeler. Les complications de la rougeole peuvent être de quatre ordres : respiratoire, neurologique, digestive et oculaire. 

La maladie peut également se compliquer chez des nourrissons ou des personnes fragiles, et conduire à une hospitalisation. C’est tout d’abord une pneumonie en rapport avec une surinfection par une bactérie. Il s’agit d’une infection grave du poumon qui peut conduire le malade en réanimation. Puis un risque d’infection virale du cerveau ("encéphalite"). Ces complications peuvent entraîner le décès et donner des séquelles pulmonaires et neurologiques à vie. On estime que ces complications sont responsables d’un décès pour 10 000 cas de rougeole, mais elles sont aussi responsables de séquelles avec, par exemple 15 à 20 000 cas de cécité chaque année.

4. Comment les malades se contaminent-ils ?

Un malade contamine en moyenne 15 à 20 personnes. C’est le propre des maladies infectieuses de se propager par contact entre un malade et son entourage, qui peut par ailleurs disséminer le virus sans souffrir de symptômes. Le virus de la rougeole se transmet par les gouttelettes de salive en suspension. L’éternuement est un grand classique de cette contamination.

C’est pourquoi on pratique l’éviction et la protection : lavages des mains, masque s’il le faut. La période de propagation du virus commence 2 à 6 jours avant l'apparition de l'éruption sur la peau, ce qui peut être contraignant lorsque le médecin n'est pas familiarisé avec les premiers signes de la rougeole (fièvre, toux, yeux rouges et douleurs du ventre). Le risque de transmission est minime à partir du deuxième jour suivant l'apparition de l'éruption.

5. Comment traiter la rougeole ?

Il n’existe pas de traitement spécifique. Traiter la rougeole, c’est uniquement lutter contre les symptômes, la fièvre, la toux, les démangeaisons et les complications éventuelles (pneumonie, encéphalite). Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique contre le virus.

6. Quelle est l'importance de la vaccination ?

Il faut être clair : l'homme lutte contre les virus depuis la nuit des temps et à part l'éviction, il ne connaissait pas de solutions efficaces jusqu'à la découverte de la vaccination. Elle demeure le seul rempart à la contamination. 

7. Quelle est notre couverture vaccinale ?

Elle est très insuffisante... en France! Il faut rappeler les chiffres. C'est aussi un casse-tête pour la Santé Publique et l'Assurance Maladie : la couverture vaccinale en France (le nombre de personnes vaccinées) se situe entre 70 et 80% selon les régions. Or, la rougeole étant extrêmement contagieuse, cette couverture vaccinale doit être au-dessus de 95% si l'on veut espérer en finir avec la maladie, comme c'est le projet européen pour lequel la France s'est engagée. C'est ce qui est déjà le cas aux Pays-Bas par exemple, où la vaccination systématique a permis l'éradication de la maladie. Nous en sommes dons assez loin et la vigilance ne doit pas rompre devant le flot de fausses études déversées dans des blogs inconscients. 

Lors de l'épidémie de 2011 en France, plus de 15 000 personnes ont été contaminées et 10 décès avaient été recensés. Depuis 2008, plus de 23 000 cas de rougeole ont été déclarés en France et plus de 1000 cas de rougeole ont conduit à des complications et des séquelles.

8. S'agit-il une vaccination obligatoire ?

Le vaccin contre la rougeole fait en effet partie des 11 vaccins désormais obligatoires. Cela devrait permettre de la faire disparaître. À condition que des médecins complaisants ne fassent pas état de fausses contre-indications. Le conseil de l’ordre et l’Assurance Maladie doit faire preuve de fermeté devant tous les cas avérés.

Pourtant, le "ROR" (Rougeole-Oreillons-Rubéole) est un vaccin parfaitement bien toléré et qui ne contient pas d'aluminium. La vaccination contre la rougeole est obligatoire avant l’âge de 2 ans pour les enfants nés depuis le 1er janvier. Une deuxième dose de ce vaccin est recommandée en France entre 13 mois et 24 mois (ou entre 12 et 15 mois en cas de vie en collectivité).

9. Pourquoi a-t-on besoin de 2 doses ?

Il ne s’agit pas d’un rappel, mais d’un rattrapage pour les enfants qui ne sont pas sensibles à la première dose. Une vaccination à une seule dose entraîne une immunité chez 90 à 95 % des personnes, tandis que deux doses permettent d'obtenir une immunité chez plus de 98 % .

10. Au niveau mondial, quelle est l'importance de la rougeole ? 

Elle est encore une cause de décès importante chez les enfants en mauvais état sanitaire, mais l'OMS fait un travail colossal. Entre 2000 et 2005, plus de 300 millions d'enfants âgés de neuf mois à quinze ans ont été vaccinés ou revaccinés. En 20015, près de 77 % de la population mondiale était vaccinée, entraînant une réduction encore de la mortalité : moins de 345 000 décès cette année-là sur 20 millions de malades. En Europe, un plan d’élimination de la rougeole a été mis en place entre 2005 et 2010. On parle d'élimination quand aucune épidémie – même minime -  n’a lieu pendant un an ou plus. Il repose sur la vaccination, d'où la logique de l'obligation vaccinale en France à partir de 2018.

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