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Première mondiale

Première mondiale mondiale en France: un anti inflammatoire contre le mélanome

Par le Dr Jean-François Lemoine

C'est à Toulouse, dans le très moderne Oncopole, que l'histoire de la lutte contre le mélanome est en train d'écrire une nouvelle page. Depuis  5 ans, les médecins relévent la tête devant  ce cancer de la peau responsable de 66 000 décès par an dans le monde. L’immuno-oncologie a bouleversé le pronostic en obtenant des rémissions : ces nouveaux traitements changent le pronostic dans plus de 70% des cas. Que faire pour les  30% chez qui le traitement échoue ? Aider le système de défense freiné par l'inflammation. Les explication de cette idée simple et géniale dont  la vérification est en  à Toulouse.

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MOTS-CLÉS :

Encore une première mondiale médicale à mettre au crédit de la France. Due à l'obstination et à la réflexion.

Ce sont deux chercheurs comme la France en compte beaucoup, plus motivés par la beauté de la réflexion et l'avancée de la médecine que par les honneurs et l'argent qui ont mis au point cet essai très prometteur, dans un domaine où l’espoir est important : l’amélioration des résultats dans le mélanome, un cancer de la peau redoutable parce qu’il provoque trop souvent des métastases  et dont on attend une explosion des cas, surtout chez les femmes, en raison d’un lien très étroit avec l’exposition estivale au soleil.  Un Professeur de Dermatologie, spécialiste de ce cancer à l’hôpital de Toulouse que les équipes de Pourquoi Docteur connaissent bien. Le professeur Nicolas Meyer est en effet déjà associé à la lutte contre ce cancer et aux nombreux communiqués de victoire publiés depuis 5 ans dans les congrès mondiaux de cancérologie où nous le rencontrons. Aujourd'hui, il est impossible d'imaginer une équipe performante en cancérologie sans associer au médecin un spécialiste de la biologie, c'est-à-dire quelqu'un capable de regarder et de comprendre la bagarre microscopique qui se joue à l'intérieur du corps entre la cellule cancéreuse, puissante, super armée, et les forces immunitaires de notre corps qu'il faut réorganiser et muscler grâce aux médicaments. C'est la raison pour laquelle l'annonce de cette première mondiale a été faite par les professeurs Nicolas Meyer, le clinicien, et le professeur Bruno Ségui, chercheur en biologie à l'Oncopole de Toulouse.

Des anti-inflammatoires au secours des malades résistants aux nouveaux traitements

En France on n'a pas de pétrole... mais des idées! La formule s'applique parfaitement à ce travail

On dispose d'un côté des formidables médicaments d'immuno-oncologie qui ont résolu 70% des cancers du mélanome (et de nombreux autres cancers car ils représentent dans le monde du cancer une vagua d'espoir inégalée).  Ils  "boostent" le système naturel de défense de l’homme, le système immunitaire, qui est souvent modifié par le cancer lui-même, en  aidant les soldats de l’immunité, que sont les lymphocytes T, à reconnaître et détruire la cellule cancéreuse.
Armes très ciblées  dont les premiers exemplaires datent du début des années 2010. Avec des résultats jamais vus en cancérologie.

70% est un résultat étonnant... Mais les autres ceux qui ne répondent pas? Il existe plusieurs hypothèses. l'une des plus logique est celle de l’inflammation. En plus de se cacher vis-à-vis des lymphocytes T, la cellule cancéreuse provoque une réaction inflammatoire très violente lorsqu’elle est attaquée, qui a pour conséquence de diminuer la réponse au médicament anti cancéreux.

Et c'est là qu'arrive la deuxième famille des médicaments exceptionnels, celle des anti inflammatoire avec l'idée de donner, en association, des anti inflammatoires. PAs ceux de monsieur tout le monde que l'on donne dans les rhumatismes ou les entorses. Non ceux qui ont aussi de leur côté changé la face de maladies dramatiques: les rhumatismes inflammatoires qui portent des noms barbares comme polyarthrite rhumatoïde, spondylarthrite ou encore rhumatisme psoriasique mais qui ont un résonance admirative chez des centaines de milliers de malades pour qui la vie a complêtement changé.
Ce sont les anti TNF alpha. Mais attention, leur puissance va de paire avec les effets secondaires potentiels.

Il fallait avoir l'idée puis l'autorisation d'associer la puissance de ces 2 traitements. C'est désormais le cas à Toulouse.

Rendez-vous dans deux ans…

Le communiqué ds deux chercheurs Français est clair: Ils annoncent, l’essai chez 18 patients de l’adjonction d’un anti-TNF alpha au traitement onco immunologique. Ambition, mais aussi prudence. Ils  donnent rendez-vous dans deux ans, pour savoir si l’expérimentation est efficace, sure et donc généralisable à tous les malades atteints de mélanome.
Et probablement à terme à tous ceux qui seront en traitement immuno oncologique. Un challenge considérable et très attendu de par la qualité du raisonnement et de ceux qui l’appliquent.

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