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QUESTION D'ACTU

Pembrolizumab

Cancer : une mutation améliore l'impact d'une immunothérapie

L'immunothérapie pembrolizumab est plus efficace en présence d'une mutation génétique sur la tumeur. La moitié des patients répondent au traitement.

Cancer : une mutation améliore l'impact d'une immunothérapie likstudio/epictura

  • Publié 09.06.2017 à 16h46
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Difficile d’évoquer le cancer sans aborder le sujet des immunothérapies. Ces traitements innovants sont désormais incontournables, dans les publications scientifiques comme lors des congrès médicaux. Celui de la Société américaine d’oncologie clinique (ASCO), organisé à Chicago (Etats-Unis) du 2 au 6 juin, n’a pas fait exception.

Plusieurs études encourageantes ont été présentées au cours de cette grand-messe de la cancérologie. L’une d’entre elles, portant sur le nivolumab, s’est distinguée. Menée par l’équipe de l’Institut Gustave-Roussy (Villejuif, Val-de-Marne), elle a montré l’intérêt de ce traitement dans plusieurs formes de cancers gynécologiques.

Un arc à plusieurs cordes

La molécule a un spectre d’action large puisque le nivolumab est déjà reconnu dans le cancer du poumon avancé et le mélanome de stade métastatique. Le mérite revient au fonctionnement du traitement, qui ne cible pas une tumeur spécifique mais le mécanisme qu’elle déploie pour échapper au système immunitaire.

Dans le cas du nivolumab, la protéine PD-1 – produite par les tumeurs – est inhibée. En l’absence de celle-ci, l’organisme reconnaît le danger et s’y attaque. Plusieurs molécules fonctionnent sur le même principe, comme le pembrolizumab.

Mais tous les patients ne répondent pas à ces traitements novateurs, loin de là. 17 à 20 % des malades seulement ont une réaction positive aux anticorps anti-PD1. La composition du microbiote intestinal, notamment, est soupçonnée d’influencer cette efficacité.

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Une mutation bénéfique

Mais le profil de la tumeur lui-même affecte fortement la réponse aux immunothérapies. C’est ce que montre une équipe américaine dans la revue Science, s’appuyant sur l’évolution de 86 personnes traitées pour 12 formes différentes de cancer. Toutes ont reçu du pembrolizumab.

Les porteurs d’une mutation sur le gène MMR, qui se traduit par une déficience, répondent bien mieux au traitement. Chez la moitié d’entre eux, une réduction de la tumeur est présente sur les radiographies. 18 malades ont même vu leur tumeur disparaître durablement.

60 000 tumeurs visées

Sur ces tumeurs mutées, le potentiel de la réponse immunitaire est démultiplié par l’anticorps anti-PD1, expliquent les chercheurs. Et ce, de manière remarquablement stable contre les différents cancers. Ces résultats pourraient bien bouleverser l’approche thérapeutique. Car rien qu’aux Etats-Unis, 60 000 tumeurs sont porteuses de cette anomalie, estiment les auteurs.

Reste à confirmer l’impact de cette efficacité sur le long terme. L’essai continue en ce sens. 11 patients ont pu interrompre leur traitement au bout de deux ans, sans rechute. Selon les calculs prédictifs, la moitié des volontaires pourrait bien parvenir au même résultat.

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