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13 Reasons Why : la série a dopé les recherches Internet sur le suicide

Les requêtes Google sur le suicide ont grimpé peu après la diffusion de la série 13 Reasons Why. Des spécialistes déplorent le manque de précautions apportées à ce moment.

13 Reasons Why : la série a dopé les recherches Internet sur le suicide Beth Dubber/AP/SIPA

  • Publié 01.08.2017 à 17h00
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Certaines séries sont à l’origine de phénomènes comme on en voit peu. C’est le cas de 13 Reasons Why. Dès sa sortie, le programme a attiré des millions de téléspectateurs. Il faut dire que le récit a de quoi mystifier. L’héroïne, Hannah Baker, brille par son absence... Elle s’est suicidée dès le premier épisode.

La suite est tout aussi peu conventionnelle. La jeune fille a envoyé 7 cassettes audio à des camarades ou amis. Elle y explique les 13 raisons de son geste. Un thème sombre qui a fédéré les adolescents. Et dopé les recherches Internet, d’après une étude parue dans le JAMA Internal Medicine.

Un pic de consultations

Entre la première diffusion de la série et le 18 avril dernier, le nombre de requêtes sur Google a grimpé de 19 % par rapport aux courbes habituelles. « Il y a eu 900 000 à 1,5 million de requêtes sur le suicide de plus qu’attendu dans les 19 jours suivant sa mise en ligne », chiffre Mark Dredze, qui a participé aux travaux.

Les chercheurs, en poste à l’université d’Etat de San Diego (Etats-Unis), ont arrêté le curseur à cette date pour une raison précise : une star du football américain a mis fin à ses jours, ce qui aurait pu troubler les analyses.

La série américaine a donc manifestement marqué l’esprit des jeunes gens qui l’ont regardée. Et c’est bien elle qui est à l’origine de ce pic. Les scientifiques ont mené la comparaison avec une projection de ce qui aurait eu lieu si le programme n’avait jamais été diffusé. « Cette stratégie nous a permis d’isoler l’effet qu’a eu la série sur le public qui l’a regardée et sur les pensées suicidaires », explique Benjamin Althouse, co-auteur de l’étude.

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Curiosité ou passage à l'acte ?

Et si les recherches Google augmentent, certaines requêtes précises se montrent encore plus affectées par la diffusion de la série. Ainsi, les internautes sont 23 % plus nombreux à s’interroger sur les manières de prévenir un suicide, et 12 % de plus à s’interroger sur les lignes d’écoute téléphonique.

« Il fait chaud au cœur de voir que cette série a permis une prise de conscience autour du suicide et de sa prévention, reconnaît John Ayers, premier auteur. Mais la série pourrait aussi avoir incité certains à passer à l’acte en se renseignant sur les manières de commettre un suicide. » En effet, le nombre de demandes concernant la manière de mettre fin à ses jours grimpe de 9 à 26 % selon la formulation analysée.

Difficile de conclure, au vu de ces chiffres, si les recherches ne reflètent qu’une simple curiosité ou prédisent une envie de passer à l’acte. Mais dans le doute, les producteurs auraient dû faire preuve de plus de précautions, estiment trois spécialistes dans un éditorial associé à l’étude.

Une tendance alarmante

Car, comme le rappellent ces professionnels de santé, les pensées suicidaires sont bel et bien en hausse aux Etats-Unis. Entre 2009 et 2015, la part d’adolescents ayant eu des idées noires est passée de 14 à 18 %.

Au vu de cette tendance alarmante, les producteurs auraient dû respecter les recommandations officielles, en affichant le numéro de lignes d’écoute au début et à la fin de chaque épisode, par exemple.

« Il est crucial que les producteurs et les diffuseurs fassent preuve de responsabilité éthique et sociale, en reprenant à leur compte les bonnes pratiques relatives aux messages de sécurité », estiment Kimberly McManama O’Brien, John Knight et Sion Harris.

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