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Données suédoises

Anorexie : plus fréquente chez les femmes atteintes de maladie coeliaque

Par Anne-Laure Lebrun

Les jeunes femmes atteintes de maladie coeliaque souffriraient plus souvent d'anorexie, et vice-versa. Les symptômes proches de ces deux pathologies peuvent mener à un retard de diagnostic.

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Les femmes souffrant d’une maladie coeliaque seraient 4,5 fois plus susceptibles de souffrir d’anorexie avant 19 ans que les autres femmes, rapporte une vaste étude suédoise publiée dans Pediatrics.

Cette association entre l’intolérance au gluten et ce grave trouble alimentaire est suspectée depuis longtemps mais peu de travaux s’étaient réellement penchés dessus. Pour leur étude, l’équipe dirigée par Karl Mårild de l’université du Colorado a analysé les dossiers médicaux de près de 18 000 femmes souffrant de maladie coeliaque et 80 000 femmes en bonne santé. Ces informations ont été collectées entre 1969 et 2008 en Suède.

L’étude révèle qu’après un diagnostic de maladie coeliaque, les malades ont 46 % plus de risques d’être atteintes d’anorexie. A l’inverse, après un diagnostic d’anorexie, les femmes sont deux fois plus à risque d’être traitées pour une intolérance au gluten plus tard dans leur vie.


Errance diagnostic

Les auteurs expliquent que ces travaux n’ont pas été conçus pour montrer que la maladie coeliaque favorise l’anorexie, ou l’inverse. Mais le fait que cette association soit bidirectionnelle suggère que les patientes sont mal diagnostiquées dans les premières années de leur maladie car les troubles gastro-intestinaux causés par ces deux pathologies sont proches, expliquent les auteurs. En effet, toutes deux provoquent des douleurs abdominales, des diarrhées, une grande fatigue ou des retards de croissance.

En outre, les auteurs expliquent que les restrictions alimentaires du régime sans gluten peuvent aussi favoriser l’apparition de désordres alimentaires pouvant mener à l’anorexie.

Des maladies qui apparaissent à l'adolescence

Dans un commentaire accompagnant l’étude, le Dr Neville Golden, pédiatre de l’université de Stanford, souligne que ces erreurs ou retard de diagnostic surviennent durant l’adolescence. « Or c’est une période particulièrement vulnérable du développement et de la croissance », relève-t-il, ajoutant qu’au vu de ces résultats « ces diagnostics erronés peuvent avoir des effets désastreux chez la patiente comme des maladies osseuses, une qualité de vie impactée, voire une mortalité précoce. »

Aussi pour améliorer le diagnostic de l’anorexie et l’intolérance au gluten, le pédiatre américain appelle ses confrères à penser à ces deux maladies, notamment lorqu’ils sont confrontés à des patients qui ne répondent pas aux traitements standard.

En France, entre 0,7 et 2 % de la population serait touchée par l’intolérance au gluten. De son côté, l’anorexie concernerait 0,5 % des filles et 0,03 % des garçons entre 12 et 17 ans.