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Le médiateur national saisi

Le suicide d'un infirmier secoue l'hôpital Georges-Pompidou

Suite au nouveau suicide d'un soignant à l'hôpital européen Georges-Pompidou, le personnel et la ministre de la Santé demandent une transparence sur l'enquête.

Le suicide d'un infirmier secoue l'hôpital Georges-Pompidou DURAND FLORENCE/SIPA




L’Assistance Publique – Hôpitaux de Paris (AP-HP) a fait part ce lundi du suicide d'un de ses soignants par défenestration. Après celui du Pr Jean-Louis Mégnien, cardiologue, en décembre 2015, il s'agit cette fois-ci d’un infirmier. Ce professionnel de santé est passé à l'acte dans la nuit de dimanche à lundi 6 février, vers 3H10, se jetant par la fenêtre du haut du huitième étage (service de médecine interne) du bâtiment situé dans le 15ème (Paris).

Pour le moment, on sait uniquement que cet infirmier travaillait habituellement en équipe de suppléance de nuit, mais qu'il n’était pas de service cette nuit-là. Sa compagne, qu'il a appelée juste avant de sauter, a été reçue dans la nuit. Elle est mère de deux enfants en bas âge. Un comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) extraordinaire de l’Hôpital Européen Georges Pompidou se tient actuellement en présence du Directeur général de l’AP-HP Martin Hirsch.

Le médiateur national saisi  

Dans un communiqué, l'Assistance publique informe, par ailleurs, qu'une enquête est diligentée par la direction de l’HEGP et la cellule d’analyse des suicides est saisie, en lien avec les représentants du CHSCT.
Enfin, une cellule d'écoute et d'accompagnement vient d'être mise en place pour soutenir, dans ces circonstances tragiques, les agents qui en ressentent le besoin. Certains comme le Pr Philippe Halimi, président de l'association Jean-Louis Mégnien, sont en effet sous le choc. Contacté par Pourquoidocteur, le chef du service de radiologie à l'HEGP confie : « contrairement au harcèlement dont a été victime Jean-Louis, nous n'avons ici pour le moment aucun élément évoquant une quelconque situation similaire pour ce professionnel ». 

Dans l'établissement, des voix évoquent des problèmes personnels. Mais pour le Pr Halimi, « même si c'est une affaire personnelle cela nous trouble qu'il soit venu à l'hôpital, qu'il ait mis sa blouse et qu'il soit passé à l'acte au sein de son hôpital. Nous souhaitons donc qu'aucune hypothèse ne soit écartée et attendons rapidement de plus amples précisions ».
Pour cela, ce spécialiste a immédiatement saisi Edouard Couty, qui a été nommé le mois dernier médiateur national, dans le cadre d'un plan d'action pour prévenir le malaise des soignants et les situations conflictuelles à l'hôpital.

Des soignants exaspérés 

L'association espère que cet intervenant permettra de faire la plus grande transparence dans l'enquête en cours, dont Marisol Touraine vient de demander que les premiers résultats soient rendus dans les meilleurs délais. La ministre de la Santé souhaite elle aussi que « toute la lumière soit faite sur les circonstances de ce décès ». Dans l'attente, le Pr Halimi reconnaît tout de même que ce nouvel incident ravive des blessures : « On a l'impression de ne pas voir le bout du tunnel. J'espère que ce nouveau suicide n'a aucune raison professionnelle », conclut-il.

Saisie au lendemain du suicide du Pr Mégnien à l’hôpital Pompidou, l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) avait rendu son rapport en septembre dernier. Il pointait d'importants dysfonctionnements institutionnels et émettait une trentaine de recommandations visant à éviter qu’un tel événement se reproduise.

Hôpital : 200 signalements de maltraitance

En six mois, l'association Jean-Louis-Mégnien a reçu par dizaine des témoignages vibrants de professionnels de santé décrivant des situations de harcèlement au travail. En tout, ce sont 200 médecins, infirmières, soignants, exerçant dans 70 hôpitaux publics, qui ont signalé à l'association qu'ils étaient harcelés par leur hiérarchie. L’association, constituée au lendemain du suicide du Pr Mégnien, cardiologue à l’hôpital George Pompidou (Paris), a compilé ces témoignages qui constituent la première carte de France de la maltraitance des personnels à l'hôpital, publiée dans Le Parisien.

 

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