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Prix Eurocare

L’Ecosse reçoit un prix européen pour sa lutte contre l'alcoolisme

Par Marion Guérin

Pour la première fois, l’Europe a décerné un prix pour récompenser les Etats qui luttent contre les méfaits liés à l’alcool. L’Ecosse a reçu cette reconnaissance.

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C’est le mauvais élève de l’Europe ; le cancre de l’alcoolisme. Et pourtant, c’est bien l’Ecosse qui se voit récompensée pour ses efforts investis dans la lutte contre ce fléau qui la frappe. Le pays vient en effet de recevoir le tout premier Prix Européen de Lutte contre les Dégâts liés à l’Alcool (European Award for Reducing Alcohol Harm).

Le prix a été décerné ce mercredi lors de la septième Conférence sur les politiques en matière d'alcool qui s’est tenue en Slovénie, et à laquelle ont participé les ministres de la Santé des Etats membres, mais aussi des scientifiques et des représentants des autorités sanitaires. La structure Eurocare, qui rassemble des ONG et des organisations publiques européennes, est à l’origine de ce prix.

40 mesures efficaces 

La récompense vise à saluer les différentes initiatives prises par les autorités écossaises pour endiguer les dégâts associés une consommation problématique d’alcool. Le gouvernement écossais a ainsi adopté une quarantaine de mesures, dont l’interdiction des offres promotionnelles sur l’alcool (deux bouteilles achetées, la troisième offerte), l’abaissement du taux légal d’alcoolémie sur les routes, ainsi que des programmes d’intervention auprès des populations à risque et des investissements dans les traitements de l’addiction à l’alcool.

Le prix a probablement vocation à encourager un gouvernement qui a connu des déboires dans sa lutte contre les méfaits liés à l’alcool. L’année dernière, Edimbourg a tenté d’introduire un prix plancher en fonction de la quantité d'alcool contenue dans une bouteille. Le montant était fixé à 0,50 £ (environ 0,70 €) minimum par unité d'alcool et avait pour objectif d’enrayer des consommations dopées par des ventes à prix cassés.

C’était sans compter la lutte menée par les alcooliers écossais, fabricants de Whisky en tête, qui ont entamé des procédures judiciaires devant les instances européennes. Avec succès, puisqu’en décembre 2015, la Cour de justice de l’Union européenne a retoqué la loi, estimant qu’elle entravait le commerce. Dans le pays, le bras de fer entre les autorités et les industriels se poursuit devant les juridictions compétentes.

22 morts chaque semaine 

« Nous restons complètement déterminés à introduire un prix minimum sur l’alcool dès que possible, a indiqué la ministre écossaise de la Santé, citée dans un communiqué d’Eurocare. Bien sûr, j’ai été profondément déçue que cette mesure qui vise à sauver des vies soit retardée par les défis légaux qu’a encore lancés l’Association Scotch Whisky la semaine dernière. Toutefois, le texte a été jugé constitutionnel deux fois par les Cours écossaises et je suis confiante quant à la décision de la Cour Suprême, qui en viendra à la même conclusion si ce dernier appel se poursuit ».

La ministre a également rappelé qu’en Ecosse, les troubles liés à l’alcool coûtent 3,6 milliards de livres sterling (4,2 milliards d’euros) chaque année et tuent 22 personnes par semaine. « Nous poursuivrons donc notre travail pour réduire ces dégâts et nous publierons bientôt une nouvelle stratégie sur l’alcool en Ecosse, bâtie sur les progrès réalisés jusqu’ici ».