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Etude du BMJ

Tabac : 18 000 Anglais auraient arrêté grâce à la e-cigarette

Par Julian Prial

D'après une étude publiée dans le British Medical Journal, la cigarette électronique pourrait avoir aidé près de 18 000 fumeurs à se sevrer l'an dernier en Angleterre.

Epictura/AndreyPopov

Pour les pro-vapotage, c’est une preuve de plus que la cigarette électronique aide à sortir du tabac. Et une fois de plus, c’est vers nos voisins d’outre-Manche qu’il faut se tourner. Après un rapport britannique prétendant que l’e-cigarette est 95 % moins nocive que le tabac, une autre étude anglaise avance que la vape pourrait avoir aidé 18 000 fumeurs à stopper la cigarette, l'an dernier, en Angleterre.

Ces résultats publiés dans le British Medical Journal (BMJ) proviennent d’une équipe de chercheurs dirigée par Emma Beard de l'University College de Londres. Pour cette scientifique, « l'impact positif de la cigarette électronique est d'autant plus probable que, dans le même temps, le financement des programmes publics pour aider les fumeurs a été revu à la baisse en Angleterre ». Pour rappel, un peu moins d'un adulte sur cinq fume au Royaume-Uni. Et les services publics proposent une aide à l'arrêt du tabac, incluant conseils et prescriptions, mais pas l'e-cigarette utilisée par 2,8 millions de personnes au Royaume-Uni.

Des chercheurs anglais unanimes

« Les tentatives pour arrêter la cigarette ont davantage été couronnées de succès au moment où les cigarettes électroniques sont devenues populaires », commente de son côté Ann McNeill, une spécialiste des questions de dépendance au tabac au King's College de Londres, qui n'a pas pris part à cette étude.

« A mon avis, les fumeurs qui luttent pour cesser de fumer devraient essayer toutes les méthodes possibles, y compris les e-cigarettes », ajoute-t-elle. Même son de cloche du côté de John Britton, directeur du Centre britannique des études sur le tabac et l'alcool. Dans un commentaire du BMJ, il estime que l'e-cigarette est « probablement un contributeur majeur à ce succès ». Selon lui, la baisse d'un point en 2015 par rapport à 2014 du pourcentage de fumeurs adultes « indique que quelque chose dans la politique de lutte contre le tabagisme au Royaume-Uni fonctionne ».

Aller plus loin

Sauf que dans la lutte contre le tabac, les quelque 18 000 ex-fumeurs recensés en 2015 par cette étude représentent finalement un chiffre « relativement faible », déplorent les auteurs des travaux, précisant toute fois qu'il est médicalement « significatif compte tenu des énormes bénéfices pour la santé de l'arrêt du tabac ». Mais face à ces résultats intéressants il faut toutefois rester prudent, puisque cette étude n'est pas un essai clinique. Impossible donc d'en tirer un quelconque lien de cause à effet entre l'utilisation d'e-cigarettes et le nombre de sevrages.

Pour motiver à l'arrêt du tabac, ces chercheurs rappellent qu’ « une personne de 40 ans qui cesse de fumer peut espérer vivre neuf ans de plus qu'un fumeur qui a toujours fumé au cours de sa vie ».

Pas d'effet secondaire indésirable grave 

Un autre rapport sur les e-cigarettes, publié simultanément par la Cochrane Library, conclut également que ce dispositif électronique peut aider les fumeurs à se débarrasser du tabac « en l'espace de six à douze mois ». La revue Cochrane constate également, dans une mise à jour de ses conclusions de 2014, que l'utilisation de l'e-cigarette n'est pas associée à des effets secondaires indésirables graves. En tout cas chez les 600 participants à ces travaux qui ont vapoté pendant deux ans.

Les études compilées ont seulement montré que les irritations de la gorge et de la bouche sont les effets secondaires les plus fréquemment rapportés à court et moyen terme. 6 millions d’Européens ont déjà délaissé la tabac au profit de l’e-cigarette, d’après le dernier Eurobaromètre parue dans la revue Addiction .