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Négociations tarifaires : le 1er syndicat médical claque la porte

Après quatre mois de discussions avec l'Assurance maladie, les médecins n’ont obtenu que la sécurisation de leur retraite. Mécontent, le 1er syndicat de libéraux a quitté la table. 

Négociations tarifaires : le 1er syndicat médical claque la porte Jean-Paul Ortiz, Président de la CSMF, ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

  • Publié 23.06.2016 à 12h07
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Après quatre mois de discussions pour trouver une nouvelle convention médicale, le premier syndicat de médecins libéraux, la CSMF (1), a quitté la table des négociations avec l'Assurance maladie. Le clash entre Nicolas Revel, directeur général de la CNAM (2), et la Confédération a eu lieu mercredi soir. 

Il faut dire qu'après une énième réunion, les cinq syndicats représentatifs de la profession (3) s'accordent pour dire que le compte n'y est pas. Les praticiens n’ont obtenu que la sécurisation de leur régime de retraite complémentaire ASV. Et à moins d’un mois de la fin des réunions, aucun autre engagement n’a été pris par la Sécurité sociale. Contacté par Pourquoidocteur, le président de la CSMF, Jean-Paul Ortiz, revient sur les motifs de sa colère.

Quelle est la goutte d'eau qui a fait déborder le vase ?
Dr Jean-Paul Ortiz : Nous sommes face à une absence complète de prise en compte de la crise de la médecine libérale. Les moyens sont plus que limités. À présent, Nicolas Revel nous dit : « C'est soit la consultation du généraliste à 25 euros, soit la grille tarifaire à quatre niveaux (25, 30, 50, 75) ». Mais il nous faut les deux ! On ne peut pas construire une convention novatrice avec cette philosophie. Pire, à un mois de la fin des discussions, nous n'avons toujours pas de texte, ni de proposition chiffrée. Nous n'irons pas au prochaines séances de négociation prévues. On se demande combien de temps va durer le jeu de l'Assurance maladie.

Que faudrait-il pour que vous reveniez à la table ?
Dr Jean-Paul Ortiz : J'en appelle directement au gouvernement et au Président de la République. Ils doivent mettre les moyens pour assurer le virage ambulatoire. Il faut en finir avec ce système de santé hospitalo-centré. Si les pouvoirs publics persistent dans cette voie, cela va déboucher sur une médecine à deux vitesses. Elle existe déjà dans certains déserts médicaux, où les médecins de proximité libéraux (spécialistes et généralistes) disparaissent. Un new deal s'impose. Nous avons émis dix propositions. Il faut immédiatement 1,5 milliard d'euros pour sauver la médecins libérale. Cela me semble plus que raisonnable.

Que se passera-t-il si le gouvernement ne vous écoute pas ?
Dr Jean Paul Ortiz
: Les jours sont comptés. Si d'autres syndicats refusent de signer la convention médicale, il y a aura un arbitre (Bertrand Fragonard, ndlr). Ce dernier rédigera un règlement arbitral pour régir les rapports entre les médecins et l'Assurance maladie, afin que les patients soient remboursés. Mais ce n'est pas une bonne solution. Il vaut mieux essayer de construire quelque chose qui évolue et qui soit novateur. Depuis plusieurs mois, les médecins expriment leur malaise. Ce ne sera pas de notre faute s'il n'y a pas d'accord. La responsabilité unique sera du côté du gouvernement.

(1) Confédération des Syndicats Médicaux Français

(2) Caisse Nationale d'Assurance Maladie

(3) La CSMF, La FMF, MG France, Le SML, et LE BLOC

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