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Composés chimiques exhalés

Cinéma : l'air expiré diffère selon les scènes !

Par Audrey Vaugrente

L’humour et le suspense n’ont pas la même "composition chimique". Dans les salles de cinéma, l’air exhalé par les spectateurs varie de manière notable, selon une étude allemande.

Karol Franks/Flickr

Le suspense n’est pas palpable, mais on s’en approche. Lors de la diffusion d’un film, la composition de l’air change en fonction de l'ambiance de celui-ci. C’est ce qu’ont montré des chercheurs allemands de l’Institut Max Planck pour la Chimie et de l’Université Johannes Gutenberg à Mainz. Leur technique, décrite dans Scientific Reports, est pour le moins originale : ils ont analysé la composition chimique de l'air des salles de cinéma à l’aide d’un spectromètre.

9 500 spectateurs

Avant de mener les recherches, dix volontaires se sont chargés de classer le contenu de chaque scène de 16 films. Un lourd travail qui leur a permis, par la suite, d’évaluer les variations de l'air en fonction de la tonalité des séquences diffusées. Une fois cette étape préalable réalisée, les chercheurs ont posé un spectromètre sur le dispositif d’aération. Puis ils ont mesuré la composition chimique de l’air lors de la projection des films, à plusieurs reprises. Au total, 9 500 spectateurs ont été impliqués dans le processus. A lui seul, Le Hobbit a servi à 15 séries de mesures.

Chaque film laisse une trace caractéristique dans l’air, révèlent les auteurs. Entre des films au ton comique (La vie secrète de Walter Mitty), de fantasy (Le Hobbit), ou de science-fiction (Hunger Games), la composition n’est pas la même.

800 composés chimiques exhalés

Les variations sont si fines qu’il est possible d’établir la distinction entre les scènes humoristiques et celle contenant du suspense. « La signature chimique de Hunger Games est très claire, même lorsque nous répétons les mesures avec des audiences différentes, explique Jonathan Williams, principal auteur. Les taux de dioxyde de carbone et d’isoprène dans l’air augmentaient toujours de manière significative quand l’héroïne luttait pour sa vie. » L’explication de ce phénomène est très simple : les spectateurs se tendent et respirent plus vite pendant les scènes de suspense.

Ces résultats pourraient s’avérer utiles pour mieux comprendre la respiration humaine et le métabolisme humain. Car nous exhalons plus de 800 composés chimiques. Mais nous en savons encore peu sur les mécanismes physiologiques qui mènent à la formation de ces molécules. Pour répondre à cette inconnue, les chercheurs poursuivent leurs analyses. Au programme : les résultats de la diffusion du septième épisode de Star Wars, Le Réveil de la Force