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Conférence internationale

Sécurité sanitaire : une réponse mondiale pour faire face aux épidémies

Par Anne-Laure Lebrun

Une conférence sur la sécurité sanitaire internationale vient de se tenir à Lyon pour renforcer la mise en œuvre du règlement sanitaire international. 

Francois Mori/AP/SIPA

Ebola, dengue, SRAS, Zika… Ces dernières années, les épidémies se sont multipliées à un rythme effréné et ont déstabilisé la communauté internationale. Profitant de la mondialisation et des échanges aériens de voyageurs et marchandises, les maladies provenant des endroits les plus reculés surgissent à une vitesse fulgurante à notre porte.

Pour faire face à ces situations inédites et inattendues, 196 Etats ont adopté le règlement sanitaire international (RSI) en 2005. L’objectif est d’assurer le maximum de protection contre la propagation des menaces sanitaires, tout en limitant les entraves au trafic international. Il est le seul instrument international juridiquement contraignant en matière de sécurité sanitaire.

Mais 10 ans plus tard, la révision du RSI s’impose. Une conférence de haut niveau sur la sécurité sanitaire internationale vient de se tenir à Lyon. « Les flambées épidémiques ne peuvent pas être prévues avec certitude. Mais nous devons mieux les connaître et agir avec des mesures adaptées de vigilance, de préparation, de détection et de riposte », a déclaré le Président de la République, François Hollande, ce mercredi lors de son discours de clôture.

Anticiper les épidémies

Car l’enjeu de ces discussions est la mise en œuvre d’outils permettant une meilleure anticipation afin de limiter l’ampleur des crises. Les systèmes de santé seront mieux armés pour réagir face aux menaces émergentes et ils pourront adapter leur réponse en fonction de chaque crise, a rappelé la ministre de la Santé, Marisol Touraine. « La crise Ebola a nécessité une prise en charge massive, la mise en place de services de laboratoire de qualité et l’organisation d’inhumations sans risque. L’épidémie de Zika appelle d’autres types d’intervention avec un suivi et une prise en charge spécifiques pour les femmes enceintes », a-t-elle indiqué lors de son intervention ce mercredi.

Mais l’application du RSI demande aux Etats signataires d’avoir un système de santé solide. Or, à l’image de l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, lorsque les infrastructures sanitaires et les dispositifs de surveillance font défaut, assurer la sécurité sanitaire est quasi-impossible. « Dans les 31 pays les plus pauvres, le sida, le paludisme et la tuberculose sont toujours responsables de plus du tiers des décès. Notre combat doit donc être plus résolu que jamais et la France prend toutes ses responsabilités », a souligné François Hollande.

Soutien financier indispensable

Le soutien de la France est notamment financier et s’inscrit dans la durée. « La France a investi 1,1 milliard d’euros depuis 2007 dans UNITAID (une initiative qui finance des programmes visant à faciliter l’accès aux produits de santé, ndlr), dont elle est le premier contributeur », a indiqué le président. Le pays agit aussi en cas de crises aigües. « Contre Zika et les maladies émergentes dans les régions d’Outre-Mer françaises, près de 3 milliards d'euros ont d’ores et déjà été engagés », a-t-il ajouté.

L’envoi de personnels médicaux, le développement de traitements et de vaccins font également partie des actions de la France et autres pays signataires pour répondre aux crises sanitaires aux côtés de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). « La santé est devenue une dimension à part entière de la sauvegarde de la paix et de la sécurité mondiale. Agir pour la santé, c'est agir pour la sécurité de tous. Vous pouvez compter sur la France dans le combat contre les fléaux sanitaires », a conclu François Hollande.