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Pétition signée avec foodwatch

Roundup : la Ligue contre le cancer réclame son interdiction

Par Julie Levallois

L’autorisation du glyphosate (Roundup) arrive à expiration. La Ligue contre le cancer et l’association foodwatch demandent, dans une pétition, qu’elle ne soit pas renouvelée en Europe.

XAVIER VILA/SIPA

La Ligue contre le cancer ne veut pas du désherbant le plus utilisé au monde. En partenariat avec l’association de défense des consommateurs foodwatch France, elle lance une pétition adressée au président de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA). Elle demande à Bernhard Url de ne pas renouveler l’autorisation du glyphosate, commercialisé par le géant Monsanto.

Chaque année, les agriculteurs et les particuliers français utilisent quelque 10 000 tonnes de Roundup. A la fin de l’année 2015, son autorisation de mise sur le marché expire. Mais avant de décider de son renouvellement, valable 10 ans, la Commission européenne attend l’avis de l’EFSA sur ce produit. « L’avis que l’autorité de sécurité des aliments remettra bientôt à la Commission européenne sera déterminant pour la santé de millions de citoyens européens », explique la Ligue contre le cancer dans un communiqué.

Principe de précaution

Il faut dire que les doutes s’accumulent autour de ce pesticide commercialisé depuis 1975. « Tant que l’innocuité du glyphosate n’est pas scientifiquement établie, l’Union européenne se doit de nous protéger de tout risque », avancent la Ligue contre le cancer et foodwatch. En mars 2015, dans une monographie consacrée au désherbant, le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) conclut qu’il s’agit d’un « cancérigène probable ». Chez l'homme, des cas suspects de lymphome non-Hodgkinien ont été signalés. Des études animales évoquent aussi des dommages chromosomiques et un risque accru de cancers variés (peau, tubule rénal, adénome des cellules pancréatiques).

Outre ce risque, les pétitionnaires rappellent que des traces du Roundup ont été retrouvées dans le lait maternel et l’urine de citadins – où il est pourtant moins utilisé. « Il s’avère également que le glyphosate pourrait causer des malformations chez les embryons et perturber le système hormonal », souligne la Ligue contre le cancer.

Au nom du principe de précaution, inscrit dans la législation européenne, les deux associations réclament donc que Bernhard Url prenne en compte ces données… et prône l’interdiction du glyphosate.

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