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Usage du smartphone au bloc opératoire : les chirurgiens démentent

Aux Etats-Unis, plusieurs études s'inquiètent de l'omniprésence des smartphones dans les blocs opératoires. Face au danger que cela peut représenter, les chirurgiens français se défendent. 

Usage du smartphone au bloc opératoire : les chirurgiens démentent SOLENT NEWS/SIPA

  • Publié le 03.08.2015 à 16h49
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Dans un article publié ce lundi, le site d'information Medscape France pose une question pertinente : le smartphone a-t-il sa place au bloc opératoire ? Selon ces journalistes, les portables ont envahi le quotidien des équipes de chirurgie. Pour étayer cette affirmation, le média cite une étude récente qui affirme qu'aux Etats-Unis, 66 % des chirurgiens utilisent leur téléphone à l’hôpital, y compris en salle d’opération et en unités de soins intensifs.
Il rapporte aussi les résultats d'autres travaux présentés lors d’un congrès d’anesthésiologie. Ceux-ci ont montré que dans 54 % des cas, les infirmières et les internes étaient distraits par autre chose (Internet) que les soins à apporter aux patients. Enfin, 56 % des infirmiers qui gèrent les appareils de circulation extracorporelle pendant une chirurgie cardiaque ont reconnu se servir de leur téléphone. Un constat inquiétant, car utiliser un smartphone pendant un intervention expose le patient à des dangers. Ils vont de l'erreur médicale, à cause d'un manque de concentration, à l'infection nosocomiale, le portable étant un véritable nid à bactéries. 
Face à ces chiffres, Pourquoidocteur a voulu connaître le sentiment des chirurgiens français. La rédaction a interrogé pour cela le Dr Philippe Cuq, Président de l'Union des Chirurgiens De France (UCDF).

 

Un téléphone d'urgence dans les blocs 

Pour commencer, ce chirurgien nous a rappelé une heure après notre coup de téléphone. Comme explication, il nous affirme, avec un brin de délectation, que son portable était au vestaire. « J'était en train d'opérer. Je vous recontacte seulement maintenant, car je suis entre deux interventions », assure-t-il.   
Et quand on lui affirme que certains de ses confrères répondent au téléphone pendant des opérations, aux journalistes par exemple, le Dr Cuq rétorque aussitôt : « Dans les blocs opératoires, il y a souvent un téléphone fixe (ou un portable interne personnel). Il sert à prévenir le chirurgien (habillé en stérile) d'une urgence ou d'un problème (arrêt cardio-respiratoire, hémorragie par exemple) ». 
« Dans ce cas, c'est une infirmière de salle (non habillée en stérile) qui répond et tient pendant quelques secondes le smartphone à l'oreille du chirurgien, sans le toucher », rajoute-t-il.
Mais selon lui, ces appels restent anecdotiques. Parfois, ils seraient même gérés uniquement par la secrétaire du médecin. « Souvent, quand ce n'est rien de grave, le médecin en est informé une fois l'intervention terminée », confie-t-il.
Pour résumer, les coups de téléphone privés sont totalement proscrits dans l'enceinte du bloc opératoire.  

 

Les infections nosocomiales en baisse 

Enfin, pour enfoncer le clou, ce professionnel toulousain rappelle que les infections nosocomiales ont plutôt tendance à baisser en France, depuis l'introduction des techniques numériques dans les hôpitaux. Ceux qui craignent qu'avec l'usage des smartphones, elles explosent, se tromperaient donc.
Comme preuve, l'InVS (1) révélait récemment qu'elles ont fortement chuté en réanimation « On est aujourd'hui dans une lutte positive contre ces infections. Et je vous assure que les jeunes chirurgiens sont bien informés des problèmes d'hygiène que posent les téléphones, au même titre que les claviers d'ordinateurs », martèle-t-il.
Le Dr Cuq prétend même que « jamais » il n'a eu à faire de rappel à l'ordre envers un médecin à ce sujet. 
En conclusion, ce praticien estime que les smartphones et tablettes ont envahi le quotidien des médecins « surtout à bon escient ». « Des applications permettent maintenant une aide à la prescription. Grâce à elles, on diminue le risque de faire des ordonnances avec des interactions médicamenteuses », conclut-il. 

(1) Institut de Veille Sanitaire 

 

 

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