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QUESTION D'ACTU

Brûlures des mains, amputations

Pétards du 14 juillet : la bête noire des chirurgiens orthopédiques

En cette journée de fête nationale, les chirurgiens sont sur le pied de guerre. Sur tous les blessés plane le spectre de l'amputation, d'une main notamment. 

Pétards du 14 juillet : la bête noire des chirurgiens orthopédiques BEBERT BRUNO/SIPA

  • Publié 14.07.2015 à 17h10
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A l'occasion de la fête nationale, la Société Française de Chirurgie Orthopédique et Traumatologique (SOFCOT) a décidé d'alerter pour que les festivités ne se tranforment pas en cauchermar.
En effet, dans un commmuniqué de presse publié il y a quelques jours, la société professionnelle, qui a pour mission d'améliorer la sécurité des patients et leur information, rappelle qu'il existe « deux pics de fréquence des blessures par pétard ou feux d’artifice : la nuit de la Saint-Sylvestre et celle de la Fête Nationale ».

 

Les chirurgiens sur le pied de guerre  

A quelques heures des premiers lancers de projectiles, les services de chirurgie orthopédique d’urgence seraient donc « sur le pied de guerre ». « Ce fléau de santé publique est bien analysé. Les mains et les yeux sont les organes les plus touchés. Les sujets atteints sont les plus jeunes, et le coût du handicap dans ces tranches de population est gigantesque. Les blessures de la main sont complexes car multi-tissulaires : os et parties molles (tendons, muscles, vaisseaux, nerfs et peau). Elles posent un défi technique aux possibilités de réparation chirurgicale malgré les énormes progrès de cette chirurgie. Les difficultés sont amplifiées par la multiplicité des agents destructeurs tissulaires en cause : brûlure thermique, brûlure chimique, surinfection », écrivent ainsi ces professionnels. 

« Sur toutes ces mains victimes de pétards ou feux d’artifice plane le spectre d’amputations uni ou pluri-digitales », s'inquiètent-ils.

 

Les taux d'incapacité en résultant « immenses » 

Ils rajoutent qu'outre la durée des traitements spécialisés imposée par ces blessures, « les taux d’incapacité en résultant sont immenses, ce d’autant qu’elles viennent compromettre la quasi-totalité d’une vie professionnelle souvent à peine débutée ».
A l'origine de ces vies gâchées, souvent une mauvaise utilisation des pétards ou des produits défectueux.

Alors, face à ces dangers, la SOFCOT demande qu'un « meilleur encadrement des utilisateurs et une réglementation plus stricte de la commercialisation avec labellisation de ces produits soient mis en vigueur pour limiter les dégâts de cette tradition festive ». « Au nom du seul principe de précaution », conclut la société savante.

 

6 décès à cause des pétards depuis 2000

Pour rappel, lors du réveillon 2012, les pétards avaient entraîné la mort d'un jeune de 20 ans et d'un autre de 24 ans en Alsace. Tous deux avaient été blessés à la tête par un mortier dont l'allumage avait mal fonctionné. En tout, ce sont 6 personnes qui ont perdu la vie à cause des pétards en France depuis 2000.
A ces chiffres, il faut évidemment ajouter ceux des très nombreux blessés. Les services de chirurgie de la main ont compté au moins 20 blessés le 1er janvier 2013, et pour le 14 juillet 2012, il y avait eu plus de 30 blessés, rien que sur l'Île-de-France.

 

Reconnaître les bons pétards
Les pétards doivent porter le marquage CE pour être conformes aux normes européennes. Celles-ci distinguent 4 catégories d’artifices dits de « divertissement ». Les pétards et feux d'artifice de catégorie 1 sont interdits aux enfants de moins de 12 ans. Ceux des catégories 2 et 3 sont interdits aux moins de 18 ans. Ceux de la catégorie 4 sont réservés aux professionnels. La classification est précisée sur l'emballage.
Enfin, lors de périodes exceptionnelles, comme le nouvel An, la législation diffère selon les départements et préfectures. À Paris, tous les produits d'artifices sont interdits à la vente et à l'utilisation pendant les fêtes de fin d'année. 
En revanche, dans le Nord, les catégories allant de 2 à 4 sont totalement interdites à la vente, mais la moins dangereuse est autorisée. Ce qui n'empêche pas les habitants d'en posséder, puisque la frontière avec la Belgique est proche, et là-bas, ils sont autorisés.
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