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Troubles de l’érection : une dysfonction érectile peut annoncer un problème vasculaire

Troubles de l’érection : une dysfonction érectile peut annoncer un problème vasculaire

Publié le 17.02.2016
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Troubles de l’érection : une dysfonction érectile peut annoncer un problème vasculaire
©123RF-Katarzyna Biaasiewicz

La dysfonction érectile est définie comme l’incapacité persistante, ou récurrente, à obtenir ou maintenir une érection permettant un rapport sexuel satisfaisant. Elle peut être liée à une maladie ou être d’origine psychique ou mixte.

Troubles de l’érection : COMPRENDRE

Des mots pour les maux
Le terme de « dysfonction érectile » remplace le terme « d’impuissance » qui sous-entendait un trouble sévère rendant impossible un rapport avec pénétration.
• Dans le pénis, les « corps caverneux » sont une éponge vasculaire active constituée de cellules musculaires lisses qui entourent des espaces contenant du sang, les « espaces sinusoïdes ».
• Autour des corps caverneux, « l'albuginée » est une membrane fibreuse, peu extensible et résistante, qui permet la rigidité du pénis lorsqu’elle est tendue par le remplissage des corps caverneux.
• Les « artères caverneuses » s’ouvrent et remplissent les corps caverneux tandis que les veines de drainage se ferment.
• L'innervation pro-érectile est issue de différents systèmes nerveux non volontaires (« autonomes »), qui sont véhiculés par les racines nerveuses sacrée (S2-24) et dont la molécule effectrice est « l’oxyde nitreux ou NO ».

Qu'est-ce qu’une dysfonction érectile ?

A tout âge, de très nombreux hommes connaissent parfois des « pannes sexuelles ». Celles-ci sont le plus souvent liées à la fatigue, au stress, à diverses préoccupations, à la prise d’alcool ou à des problèmes avec leur partenaire. Ces troubles occasionnels ne constituent pas des troubles de l’érection (ou « dysfonctions érectiles ») proprement dits.
Pour que la dysfonction érectile soit avérée, il faut que l’incapacité à obtenir ou à maintenir un rapport sexuel satisfaisant soit persistante ou récurrente, pendant une durée d’au moins 3 mois.
L’initiation d’une érection est provoqué au niveau d’une zone très spécifique du cerveau (« hypothalamus ») par une stimulation érotique, qui peut être visuelle, tactile, olfactive ou par des pensées érotiques. Des influx nerveux parviennent alors aux organes génitaux où un processus biologique et biochimique (libération d’oxyde nitreux ou NO) provoque le gonflement et la rigidité du pénis.
Libéré par le système nerveux pro-érectile, le NO déclenche l’ouverture des artères péniennes et la relaxation des cellules musculaires lisses des corps caverneux qui permettent l'ouverture des espaces sinusoïdes et leur remplissage de sang artériel. Lorsque les espaces sont remplis, la compression des veines va s'opposer à la sortie du sang et permettre d'obtenir la rigidité du pénis (« mécanisme veino-occlusif » ou « mécanisme de la cocotte minute »).
Les cellules qui tapissent la surface des espaces sinusoïdes sont étirées par ce remplissage et secrètent elles-aussi du NO qui participe au maintien de l'érection.
Une diminution de la stimulation sexuelle, ou l’éjaculation (qui s’accompagne d’une libération importante d’adrénaline), entraîne une contraction des cellules musculaires et une décompression des veines : le sang va pouvoir s’évacuer normalement, les corps caverneux vont se vider et le pénis va retrouver sa taille normale.
Les corps caverneux sont donc les véritables moteurs de l’érection et sont décrits comme des éponges actives, ayant à leur service des artères et des veines, et sous la commande d’un système nerveux non-volontaire. Le dysfonctionnement d’une de ces structures (artères, corps caverneux, veines et système nerveux) peut aboutir à une dysfonction érectile.

Quels sont les signes de la dysfonction érectile ?

Il peut s’agir de l’incapacité à obtenir une érection, mais le plus souvent les troubles se limitent à une incapacité à maintenir une érection jusqu’à l’orgasme ou jusqu’à la pénétration de sa partenaire : perte de l’érection ou baisse de la rigidité lors de la pénétration.
Parfois, il s’agit simplement d’une rigidité insuffisante qui gêne la pénétration et ne produit pas un rapport satisfaisant.

Quelles sont les causes de la dysfonction érectile ?

La dysfonction érectile peut être liée à une maladie ou à une cause psychique ou elle peut être mixte. Parmi les causes les plus fréquentes de la dysfonction érectile, on trouve le vieillissement, le diabète, l'athérosclérose et les médicaments.
• Les médicaments sont à envisager en premier car il sont nombreux à pouvoir provoquer ce trouble et le remède est assez simple : discuter avec son médecin pour son remplacement. Pour en déterminer la responsabilité dans le trouble (« imputabilité »), il faut s’appuyer à la fois sur la notice du produit et sur la chronologie de l’apparition des troubles par rapport à l’initiation du traitement.
En cas de traitement antihypertenseur, les deux classes le plus souvent incriminées sont les bêtabloquants non sélectifs et les diurétiques thiazidiques. Si le patient est coronarien ou diabétique, il faut toujours demander un avis cardiologique avant toute modification du traitement. Au cours du syndrome dépressif, un traitement antidépresseur sérotoninergique (IRS ou IRSNA) peut être à l’origine d’une dysfonction érectile, sachant que le trouble dépressif lui-même peut aussi provoquer ce trouble. D’autres médicaments peuvent être à l'origine d’une dysfonction érectile : neuroleptiques, autres antihypertenseurs (antialdostérone), inhibiteurs de la 5-α réductase et antiandrogènes.
• En cas de dysfonction érectile survenant au cours d’un diabète, il faut rechercher des complications macro- et/ou micro-angiopathiques et neuropathiques associées qui peuvent expliquer ce trouble (cause mixte à la fois vasculaire et neurologique).
• Les autres facteurs de risque cardiovasculaire (tabagisme, hypertension artérielle, dyslipidémie) ou une maladie cardiovasculaire athéromateuse avérée (cardiopathie ischémique, artérite oblitérante des membres inférieurs, anévrisme de l'aorte abdominale ou antécédent d'accident vasculaire cérébral), peuvent être responsables d’une dysfonction érectile en raison du rétrécissement du calibre interne des artères, du fait des dépôts de cholestérol (comme du calcaire dans un tuyau).
• En cas d’atteinte associée de la paroi interne des artères (« dysfonction endothéliale »), comme dans le diabète, l’HTA, une dyslipidémie, le tabagisme), c'est le NO sécrété par l’endothélium qui fait défaut et cela altère la qualité de l'érection.
• Certaines affections neurologiques peuvent s’associer à ce trouble (maladie de Parkinson, sclérose en plaques, épilepsie, démence ou séquelles de traumatisme médullaire) en raison d’atteintes des connexions nerveuses au sein des circuits neurologiques de l’érection.
• Le même mécanisme peut être incriminé au cours d’une chirurgie abdomino-pelvienne (adénome ou cancer de la prostate), d’une irradiation abdomino-pelvienne (cancer de la prostate, de la vessie ou du rectum) ou d’un traumatisme du petit bassin.
• Une maladie ou une insuffisance des glandes hormonales (« endocrinopathie ») peut parfois être mise en cause comme : un déficit en testostérone lié à l'âge, un dysfonctionnement de la thyroïde ou une insuffisance surrénalienne (« maladie d'Addison »).
Le rôle de la testostérone sur le désir est désormais bien connu. Le déficit en testostérone, ou insuffisance androgénique, affecte en premier lieu la survenue des érections nocturnes dont la commande cérébrale est « androgéno-dépendante ». Les érections nocturnes pourraient jouer un rôle sur la bonne qualité (« trophicité ») du tissu érectile. Par ce biais, un déficit en testostérone pourrait retentir sur la fonction érectile en particulier chez le sujet âgé.
• Une maladie du sang peut entraîner une dysfonction érectile par lésion des corps caverneux comme la drépanocytose, la thalassémie et l'hémochromatose.
• Il en est de même pour les malformations de la verge (maladie de Lapeyronie, hypospadias…).
• Des troubles du sommeil peuvent contribuer à la dysfonction érectile comme le syndrome d'apnée du sommeil ou simplement une insomnie.
• Une addiction à l'alcool ou à la drogue peut occasionner une dysfonction érectile.
• Il faut toujours penser en dernier à une anxiété de performance sexuelle mais cela peut être simplement des événements de vie négatifs (chômage, décès, infertilité, divorce) ou positifs (naissance, promotion, nouvelle rencontre) dans les 6 mois avant l'apparition des troubles.

Quelles sont les complications de la dysfonction érectile ?

Plusieurs études ont confirmé que l'insuffisance érectile était à l'origine d'une importante souffrance chez l'individu qui en est atteint ainsi que chez sa partenaire et ont démontré l'importance du bénéfice apporté par la correction des troubles érectiles.
La dysfonction érectile est un « symptôme sentinelle », c’est-à-dire qu’elle peut témoigner d’une maladie sous-jacente plus grave, comme une athérosclérose artérielle, un diabète ou une dépression. Le risque de mourir d'un événement cardiovasculaire est deux fois supérieur chez un diabétique ou un hypertendu souffrant de dysfonction érectile.

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