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Syphilis : une infection qui simule de nombreuses maladies

Syphilis : une infection qui simule de nombreuses maladies

Publié le 29.06.2016
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Syphilis : une infection qui simule de nombreuses maladies
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La syphilis est une infection sexuellement transmissible (IST) secondaire à une bactérie très particulière. Elle diffuse dans le corps et peut donc ressembler à de très nombreuses maladies : ceci lui a valu le surnom de « grande simulatrice ».

Syphilis : COMPRENDRE

Des mots pour les maux
La syphilis est une infection sexuellement transmissible (IST) appelée aussi « vérole » ou grande vérole (par opposition à la variole qui est la « petite vérole ») ou « mal de Naples ».

Qu'est-ce la syphilis ?

La syphilis est une infection sexuellement transmissible (IST) d’origine bactérienne, qui était très grave avant la découverte des antibiotiques.
Elle est encore très présente dans les pays en voie de développement et une recrudescence est apparue depuis les années 1990, essentiellement dans la communauté homosexuelle (80 % des cas), mais il existe une légère tendance à une augmentation chez les hétérosexuels, en particulier les femmes.
La syphilis est une maladie infectieuse due à une bactérie, Treponema pallidum, le « tréponème pâle », qui se transmet surtout par voie sexuelle. Il existe des transmissions de la mère vers l’enfant (transmissions « materno-fœtales »).
Les signes sont essentiellement des ulcérations indolores sur les organes génitaux (« chancres ») et une éruption sur la peau et les muqueuses de petites tâches rouges (« macules ») ou de petits boutons rouges (« papules ») qui sont contagieuses (les « syphilides papuleuses »).
Ces lésions évoluent au fil du temps, ce qui permet de distinguer la « syphilis précoce », durant la première année d'évolution de la maladie, et la « syphilis tardive », définie par une évolution de plus d'un an.

Comment attrape-t-on la syphilis ?

• La contamination par la syphilis se fait principalement par contact direct avec un chancre de la syphilis primaire chez le partenaire, pendant un rapport sexuel non protégé, oral ou génital, ou par contact direct avec des syphilides érosives, qui sont les lésions de la peau ou des muqueuses présentes lors de la syphilis secondaire.
La période d'incubation est très variable, de l'ordre de 3 semaines à 1 mois. Les germes, qui sont les tréponèmes pâles, diffusent très rapidement dans tout l'organisme. Il même possible d'en trouver dans le liquide qui entoure le cerveau et la moelle épinière (« liquide céphalo-rachidien ») dès la phase initiale de la maladie, alors même qu'il n'existe aucun signe neurologique.
Une personne infectée peut transmettre la syphilis même si elle n’a pas de signes de la maladie. Ainsi, le risque de transmettre la syphilis est plus élevé pendant l’année qui suit le début de l’infection car les tréponèmes sont alors présents à la surface des lésions de la peau et surtout des muqueuses. La transmission par voie sexuelle peut avoir lieu même sans qu’il y ait pénétration, orgasme ou éjaculation.
• La syphilis peut aussi se transmettre par contact avec du sang lors du partage de matériel de préparation, d’injection ou d’inhalation de drogues. Ce mode de transmission est toutefois beaucoup plus rare que la transmission par voie sexuelle.
• Une mère infectée peut également transmettre la syphilis à son bébé pendant sa grossesse ou au moment de l’accouchement.

Quels sont les signes de la syphilis ?

Les signes de la syphilis sont très variables d’une personne à l’autre et surtout selon le stade de l’infection non traitée. Non traitée, la syphilis peut évoluer à bas bruit pendant des dizaines d’années en provoquant de graves complications.
Souvent, les personnes qui ont la syphilis ne se rendent pas compte qu’elles ont des signes de l’infection. Une personne peut donc être infectée sans le savoir et transmettre l’infection.
Classiquement, si elle n’est pas traitée, la syphilis peut évoluer en 4 stades : primaire (« chancre »), secondaire (infection de la peau et des muqueuses), de latence et tertiaire (complications tardives, en particulier neurologiques). Désormais, on parle plutôt de phase précoce (moins d’un an d’évolution non traitée) et de phase tardive (plus d’un an d’évolution non traitée).
Au cours de la phase précoce qui correspond donc à la première année d'évolution de la maladie, on distingue :
• La syphilis « primaire » qui se manifeste par le « chancre syphilitique », ulcération unique, indurée, superficielle, propre, indolore et contagieuse. Chez l'homme, le chancre siège sur le gland ou au niveau du sillon entre le gland et le prépuce (« sillon balano-préputial »).
Son diagnostic peut toutefois être difficile en cas de localisation « cachée », en particulier chez la femme au niveau du col de l'utérus, ou chez les hommes et les femmes au niveau du rectum ou de la gorge.
Le diagnostic peut aussi être difficile si son aspect est atypique. Le chancre guérit spontanément en 2 à 6 semaines sans laisser aucune cicatrice.
• La syphilis secondaire, qui survient si la syphilis primaire n'a pas été traitée, se caractérise par des lésions très contagieuses au niveau de la peau et des muqueuses. Ce sont les « syphilides papuleuses » qui peuvent siéger aussi bien au niveau du visage, que du tronc et des membres.
Ces lésions sont très variées et trompeuses et peuvent prendre l'aspect d'une « roséole » banale, d'une acné, d’une varicelle, d’un psoriasis en goutte… ce qui rend le diagnostic difficile.
• La syphilis sérologique précoce au cours de laquelle il n'existe plus aucun signe mais simplement une « cicatrice sanguine » décelable lors d'une prise de sang et qui témoigne de la présence de la bactérie dans l'organisme.
Lorsque la syphilis n'a pas été diagnostiquée et traitée au cours de la première année d'évolution, elle peut évoluer vers une phase tardive où on distingue :
• La syphilis tertiaire qui a aujourd'hui pratiquement totalement disparu en France puisqu'on considère que moins de 10 % des syphilis récentes non traitées évolueront vers cette forme. Cette phase de l’infection est dominée par des manifestations sur la peau, les muqueuses, des problèmes cardiaques et surtout neurologiques (« paralysie générale » et « tabès syphilitique »).
• Une syphilis sérologique tardive, qui peut être détectée lors d’une prise de sang et qui représente la majorité des patients dont la syphilis précoce n'a pas été traitée.

Quelles sont les complications de la syphilis ?

Si elle n’est pas traitée, la syphilis peut durer des années. Même chez une personne qui n’a pas de signes apparents, elle peut entraîner des lésions d’organes importantes. Grâce aux antibiotiques, de telles évolutions sont devenues rares dans les pays occidentaux.
Sans traitement, 8 % à 10 % des personnes infectées souffrent de troubles neurologiques importants dix à vingt ans après le début de la maladie : c’est la « neurosyphilis ».
• Il s’agit le plus souvent d’une inflammation chronique du cerveau et de ses enveloppes ou « méninges ». Cela donne une « méningo-encéphalite » qui peut aboutir, après une phase d’excitation, à la démence. Ce tableau était connu autrefois sous le nom de « paralysie générale ».
• Les malades peuvent aussi souffrir de trouble de la coordination des membres, associés à des douleurs lancinantes et à des pertes de contrôle de la vessie et des intestins : c’est le « tabès syphilitique » qui est une dégénérescence secondaire des racines nerveuses postérieures et d’une partie de la moelle épinière (« cordons postérieurs de la moelle »).
Des atteintes du cœur, des os, du foie, des yeux sont aussi décrites.
Une femme enceinte qui a la syphilis a un risque d’accouchement prématuré, d’avortement spontané (« fausse couche ») ou d’accoucher d’un enfant mort-né.
L’enfant d’une mère infectée risque de naître avec des malformations congénitales, comme une cécité partielle, une surdité, ou des malformations des os et des dents.
La syphilis augmente aussi le risque d’attraper ou de transmettre le VIH.

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