• CONTACT

MIEUX VIVRE

Maladies auto-immunes

Pourquoi l’immunité des femmes est différente de celle des hommes ?

Des chercheurs ont découvert des « interrupteurs génétiques », responsables des différences entre les systèmes immunitaires féminins et masculins. Cela explique notamment pourquoi les femmes sont plus sujettes aux maladies auto-immunes. 

Pourquoi l’immunité des femmes est différente de celle des hommes ? quantic69/istock

  • Publié le 24.08.2026 à 07h55
  • |
  • |
  • |
  • |


Les femmes sont plus vulnérables face aux maladies auto-immunes. Selon l’Inserm, 80 % des cas recensés touchent la population féminine. Récemment des chercheurs australiens ont découvert les raisons de cette différence. Ces spécialistes de l’Institut Garvan de recherche médicale et de l’Université de Nouvelle-Galles du Sud ont identifié ce qu’ils appellent des "interrupteurs génétiques", au comportement différent selon le sexe. Chez les femmes, ils provoqueraient des réponses inflammatoires plus importantes. 

De nouveaux outils technologiques pour décrypter les cellules immunitaires 

Les innovations technologiques récentes ont permis cette découverte. "L'analyse sanguine traditionnelle, qui consiste à analyser un échantillon sanguin global, mesure l'activité moyenne d'un mélange de nombreuses cellules, ce qui peut masquer d'importantes différences de comportement de types cellulaires spécifiques", expliquent les auteurs dans un communiqué. Ils ont pu utiliser des méthodes d’analyse unicellulaire pour étudier les cellules immunitaires de façon plus précise et plus individualisée. Au total, cette équipe de recherche a séquencé plus de 1,25 million de cellules immunitaires, prélevées dans le sang d’environ 1.000 personnes.  

Le système immunitaire des femmes est plus réactif 

"Les hommes présentaient des proportions plus élevées de monocytes, des cellules immunitaires qui interviennent en premier lieu face aux menaces, indiquent les auteurs. Leur activité génique était également davantage axée sur le maintien des fonctions cellulaires fondamentales et sur la production de protéines." À l’inverse, les femmes avaient des quantités plus importantes de lymphocytes B et de lymphocytes T, et leurs cellules immunitaires montraient une activité génétique davantage associée à l’inflammation.

"Si ce profil immunitaire très réactif confère aux femmes un avantage dans la lutte contre les infections virales, il s'accompagne d'un revers biologique : une plus grande prédisposition aux maladies auto-immunes", décrypte la co-autrice principale de l’étude, la Dr Sara Ballouz. Concrètement, le système immunitaire féminin est dans un état d’alerte quasi-permanent, ce qui augmente le risque de réaction, qui peut être dirigée vers les propres cellules de l’organisme. On parle alors de maladie auto-immune : lorsque l'organisme attaque par erreur des tissus sains. 

Des différences génétiques à l'origine des différences immunitaires 

Dans leur étude, les scientifiques ont voulu déterminer les différences génétiques associées aux cellules immunitaires. Ils se sont intéressés aux interrupteurs génétiques. "Connus sous le nom de ‘loci de caractères quantitatifs d’expression’, ces interrupteurs agissent comme des régulateurs d’intensité, influençant l’activation ou la suppression de certains gènes", précisent-ils. Au total, l’équipe a identifié plus de 1.000 interrupteurs génétiques spécifiques au sexe, situés sur des autosomes, les chromosomes non-sexuels communs aux hommes et aux femmes. "C'est la première fois que nous démontrons que ces différences se situent au niveau de la régulation génétique, ce qui apporte un nouvel éclairage sur l'immunité humaine", explique le Dr Ballouz. 

Cette meilleure compréhension des cellules immunitaires pourrait aider à mettre au point des traitements plus ciblés, permettant d’agir sur une maladie auto-immune sans affaiblir l’ensemble du système immunitaire. Mais elle permettrait aussi de créer des thérapies plus adaptées, en fonction du sexe des patients. "Actuellement, les professionnels de santé privilégient une approche thérapeutique standardisée pour la plupart des maladies auto-immunes, souligne le Dr Yazar, co-auteur de ces travaux. Une approche plus inclusive est nécessaire."

Vous aimez cet article ? Abonnez-vous à la newsletter !

EN DIRECT

LES MALADIES

J'AI MAL

J ai Mal Bras et mains Bras et mains Tête et cou Torse et haut du dos Jambes et pied

SYMPTÔMES