- Le gouvernement renonce au doublement immédiat du plafond des franchises médicales.
- Une hausse indexée sur l’inflation depuis 2005 est désormais envisagée.
- Mais la recherche d’économies pour la Sécurité sociale reste d’actualité.
Un rétropédalage à quelques semaines des débats sur le budget pour l’année prochaine. Face au tollé provoqué par le projet de doublement du plafond annuel des franchises médicales, le gouvernement vient de revoir sa copie. La ministre de la Santé Stéphanie Rist annonce désormais une hausse plus progressive.
Un doublement de 100 à 200 euros par an finalement abandonné
Le projet était pourtant clair : faire passer de 100 à 200 euros par an le plafond des franchises médicales, payées par les assurés sur certains médicaments, actes paramédicaux, transports sanitaires et consultations médicales. Annoncée fin juillet pour freiner la progression des dépenses de santé, cette mesure avait rapidement suscité de nombreuses critiques.
Dans une interview au Figaro, Stéphanie Rist reconnaît que "le doublement annoncé n’a pas été compris et a pu apparaître brutal". La ministre précise que le gouvernement "travaille désormais à une réforme juste, fondée sur une indexation à l’inflation depuis 2005". Résultat : le plafond pourrait bien augmenter, mais la hausse sera "nettement inférieure" aux 100 euros supplémentaires initialement prévus.
Patients et soignants ont fait pression
Pourquoi ce revirement ? La ministre invoque notamment les réactions des associations de patients et des professionnels de santé. "Les associations, les professionnels de santé, les patients nous ont dit qu’un doublement immédiat du plafond en une seule fois paraissait excessif. Nous l’avons entendu", affirme-t-elle au Figaro.
France Assos Santé, le syndicat de médecins MG France et Convergence infirmière avaient notamment dénoncé la mesure. D’autres organisations avaient également réagi. Dans les éléments rapportés par le troisième texte fourni, Denis Gravouil, de la CGT, avait dénoncé de possibles "sales coups" et Dominique Corona, de l’Unsa, jugeait la mesure "scandaleuse", estimant que les entreprises et d’autres acteurs du système de santé devaient aussi être mis à contribution.
Stéphanie Rist évoque par ailleurs des "malentendus" et des "caricatures". Elle rappelle notamment que le montant de chaque franchise ne devait pas automatiquement doubler et que tous les patients n’atteignent pas le plafond annuel.
Des dépenses de santé toujours sous surveillance
Le recul du gouvernement ne signifie donc pas la fin des économies demandées à l’Assurance maladie. La ministre insiste sur la nécessité de réaliser "des économies justes et pertinentes" et de mettre en œuvre des "mesures d’efficience" pour préserver le système de protection sociale. Comme le rappellent les textes fournis, dont les informations publiées par Le Figaro, le budget de la Sécurité sociale pour 2026 prévoit une progression de 3,1 % des dépenses de santé, soit 8,2 milliards d’euros supplémentaires. Dans le même temps, des signes de dérapage apparaissent déjà du côté des soins de ville.
Quant à la "TVA sociale", évoquée comme une autre piste de financement, Stéphanie Rist estime qu’elle n’est "pas, à elle seule, une solution suffisante" pour préserver le modèle de protection sociale. Le débat sur les franchises médicales est donc loin d’être clos.


