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Cancer colorectal : pourquoi il est essentiel de se faire dépister

Une nouvelle étude confirme l’importance de participer au programme de dépistage du cancer colorectal.

Cancer colorectal : pourquoi il est essentiel de se faire dépister Varlay/istock




L'ESSENTIEL
  • Le dépistage du cancer colorectal pourrait réduire la mortalité de plus de 40 %, selon l'étude.
  • Ce chiffre découle de l'analyse d'un suivi de données allant jusqu'à 14 ans.
  • D'autres chercheurs ont découvert que les microbes de la bouche et de l'intestin pourraient aider à détecter les cancers gastro-intestinaux.

Avec une participation au programme de dépistage du cancer colorectal de 72 %, le Pays basque est l’un des meilleurs élèves de l’Europe et est surtout parvenu à diminuer la mortalité liée à cette maladie de 50 %. Ce bon exemple, présenté début août sur Pourquoi Docteur, ne vous a pas conduit à vous saisir de l’invitation au dépistage envoyée tous les deux ans par l’Assurance maladie aux personnes âgées de 50 à 74 ans dès votre retour de vacances ?

Une nouvelle étude, menée par le Karolinska Institutet et l’université d’Umeå (Suède) parue dans JAMA Network Open, y parviendra peut-être. Elle confirme que les résultats observés au Pays basque ne tiennent pas d’un heureux hasard. En effet, en analysant 14 ans de données suédoises, les chercheurs ont mis en évidence que les personnes participant au dépistage du cancer du côlon auraient jusqu'à 43 % moins de risques de mourir de cette tumeur maligne.

Cancer du côlon et du rectum : se faire dépister réduit le risque de mortalité de 43 %

Les scientifiques ont comparé les dossiers des personnes invitées au dépistage du cancer colorectal entre 2008 et 2012 à un groupe témoin dont les membres avaient été invités ultérieurement ou n'avaient pas été invités du tout. Cela représentait 376.511 participants. Parmi eux, 1.668 décès par cancer colorectal ont été recensés sur la période de suivi.

Les analyses ont révélé que le programme de dépistage en lui-même était associé à une baisse du risque de décès par cancer du côlon ou du rectum de 26 %. Plus intéressant encore, les personnes qui répondaient à l’invitation et participaient effectivement au dépistage voyaient leur risque de mourir de la pathologie diminuer de 43 %. "Nous avons désormais pu démontrer que la mortalité est significativement plus faible chez les personnes qui participent effectivement au dépistage", confirme Johannes Blom, auteur principal de l’étude, dans un communiqué.

Cancer colorectal : faire analyser ses selles en l'absence des tests "moins gênants"

"Bien que le dépistage soit gratuit et que le test soit simple à réaliser, environ un tiers des personnes ne fournissent pas d’échantillon", explique Johannes Blom. Comme en France, le test de dépistage du cancer colorectal suédois repose dans un premier temps sur la recherche de sang dans les selles, dont le prélèvement peut se faire à domicile, puis - si du sang a été découvert dans l’échantillon - la réalisation d’une coloscopie.

Bonne nouvelle pour les personnes rebutées par cette procédure : une autre équipe de scientifiques a fait une découverte qui pourrait permettre la création de tests de dépistage moins invasifs pour le cancer colorectal et celui de la bouche. Une analyse de la composition du microbiote buccal permettrait, en effet, de repérer les cancers gastro-intestinaux avec efficacité.

Mais, en attendant que cette étude présentée dans Cell Host & Microbe aboutisse à la création d’un test de dépistage certifié, il est essentiel de se faire dépister avec les outils actuels. D’autant plus que ce projet pourrait prendre des années.

"Notre étude souligne l’importance de participer au dépistage du cancer colorectal et montre qu’il peut sauver des vies", rappelle une dernière fois le chercheur suédois Johannes Blom.

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