- La vaccination contre le VRS pendant la grossesse réduit d’environ 80 % le risque d’hospitalisation du nourrisson liée au VRS pendant ses six premiers mois de vie.
- Chez les bébés de moins de deux mois, qui sont les plus vulnérables aux formes graves, l’efficacité atteint 86,3 % contre les hospitalisations.
- L’efficacité du vaccin reste élevée, quel que soit le moment de l’administration dans la fenêtre recommandée et même lorsque le vaccin est injecté en même temps que d’autres vaccins maternels.
Chaque année, la France est frappée par une épidémie de bronchiolite, une infection respiratoire des petites bronches due au virus respiratoire syncytial (VRS), qui débute généralement à la mi-octobre, pour atteindre un pic en décembre et se termine à la fin de l'hiver. Cette maladie, touchant près de 30 % des nourrissons de moins de deux ans, est le plus souvent bénigne. Cependant, les très jeunes enfants et plus particulièrement les nourrissons de moins de deux mois peuvent présenter une forme plus grave nécessitant une hospitalisation, voire une admission en réanimation.
Pour réduire le risque d’infection et ainsi les complications, il existe deux traitements préventifs en France. Le premier, appelé Beyfortus, est un anticorps monoclonal. Il empêche le VRS, à l’origine de 80 % des bronchiolites, d’infecter l’organisme des nouveau-nés et nourrissons. Le deuxième est administré chez les femmes enceintes. Il s’agit du vaccin Abrysvo, qui doit être injecté entre la 32ème et la 36ème semaine d’aménorrhée. Ce dernier permet de protéger le nourrisson de la naissance jusqu’à l’âge de 6 mois grâce au transfert d’anticorps maternels.
VRS : la vaccination maternelle réduit de 80 % les hospitalisations chez les jeunes enfants
"En Australie, la vaccination maternelle par un vaccin bivalent à base de protéine F de préfusion du virus respiratoire syncytial a été intégrée, en février 2025, dans le programme national de vaccination pour les femmes enceintes à partir de 28 semaines de grossesse, en tant que stratégie principale et pérenne (tout au long de l'année) pour prévenir la maladie à VRS chez les nourrissons âgés de 6 mois ou moins", selon des chercheurs de l’université d'Australie-Occidentale. Dans une récente étude, l’équipe a voulu estimer l'efficacité de la vaccination pendant la grossesse contre les hospitalisations liées au virus respiratoire syncytial chez les bébés australiens.
Pour les besoins des travaux, 1.012 nourrissons admis dans neuf hôpitaux à travers l'Australie pour une infection respiratoire aiguë à l’âge de 6 mois ou moins, entre le 1er mars 2025 et le 28 février 2026. Parmi eux, 114 des 386 nourrissons infectés et 171 des 269 bébés dits "témoins" étaient nés de mères vaccinées contre le VRS. Les résultats, publiés dans la revue JAMA Pediatrics, montrent que la vaccination maternelle est associée à une réduction de 78 % à 81 % des hospitalisations liées au VRS de la naissance jusqu'à l'âge de 6 mois.
La protection contre le VRS "était maximale durant les premiers mois de vie "
"La protection était maximale durant les premiers mois de vie, période où les bébés sont les plus vulnérables aux infections graves par le VRS." En effet, chez les enfants âgés de deux mois ou moins, l'efficacité du vaccin atteignait 86,3 % contre les hospitalisations pour une atteinte des voies respiratoires inférieures liée au VRS. Cependant, l’efficacité vaccinale est restée élevée, quel que soit le moment de l'administration du vaccin durant la période recommandée de la grossesse ou son administration concomitante avec d'autres vaccins maternels courants.
"Ces données montrent que le vaccin peut être intégré efficacement dans les parcours de soins prénatals courants, y compris aux côtés d'autres vaccins recommandés pendant la grossesse. Cela rassure les médecins, les obstétriciens, les sage-femmes et les familles sur l'existence d'une stratégie efficace de prévention du VRS, capable de réduire le fardeau des formes graves de la maladie chez les nourrissons les plus jeunes", a déclaré Ushma Wadia, qui a dirigé les recherches et compte mener des études supplémentaires afin d'évaluer la protection au sein de différents sous-groupes d’enfants, la durée de la protection au-delà de l'âge de six mois, ainsi que la protection chez les bébés nés en dehors de la saison où le VRS circule activement.



