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Oncologie

Bientôt un vaccin contre le mélanome ?

Un traitement expérimental développé par les laboratoires Merck et Moderna, associant un vaccin à ARN messager à l’immunothérapie Keytruda a montré des résultats positifs chez des patients souffrant d’un cancer de la peau à un stade avancé.

Bientôt un vaccin contre le mélanome ? Thiago Santos/iStock




L'ESSENTIEL
  • Pour lutter contre le mélanome à un stade avancé, les laboratoires Merck et Moderna ont conçu un traitement sur mesure à partir des mutations propres à la tumeur de chaque patient.
  • Associé à l’immunothérapie Keytruda, il a atteint les deux objectifs principaux de l’essai de phase 3, à savoir améliorer la survie sans récidive et la survie sans métastase à distance, chez des patients dont la tumeur avait été complètement retirée.
  • En termes de sécurité, "aucun nouveau signal de sécurité n’a été observé."

Une nouvelle étape pourrait bientôt être franchie dans la lutte contre le mélanome. Le 19 août, les laboratoires Merck et Moderna ont annoncé avoir élaboré une thérapie contre le cancer de la peau à un stade avancé, qui s’avère efficace. Le traitement en question associe l’immunothérapie Keytruda (pembrolizumab) de Merck et une nouvelle thérapie néoantigénique individualisée à base d’ARNm expérimentale, appelée "intismeran autogen", développée conjointement par Merck et Moderna.

Mélanome : un vaccin "produit à partir d'un échantillon tumoral du patient"

"Intismeran autogen est conçu et produit à partir d'un échantillon tumoral du patient afin d'identifier la signature mutationnelle unique, ou ‘empreinte digitale’, de son cancer et de générer une réponse immunitaire antitumorale. Après son administration, les séquences néoantigéniques codées par l'ARN sont traduites dans l'organisme et présentées au système immunitaire, une étape cruciale pour générer des réponses spécifiques des lymphocytes T contre les cellules cancéreuses", ont expliqué les firmes pharmaceutiques. En clair, il s’agit d’un vaccin qui utilise l’ARN messager pour apprendre au système immunitaire à reconnaître et à attaquer les cellules cancéreuses propres à chaque patient.

Afin d’évaluer l’efficacité et la sécurité de cette thérapie contre le mélanome, les experts ont réalisé un essai de phase 3 en s’appuyant sur les résultats de phase 2b précédemment publiés concernant la combinaison intismeran autogen et immunothérapie Keytruda. Ceux-ci ont montré que l’association réduisait de 49 % le risque de récidive ou de décès et de 59 % le risque de métastases ou de décès par rapport au Keytruda seul. Dans le cadre de cette nouvelle étude, l’équipe a recruté 1.137 personnes atteintes d’un mélanome avancé qui, après le retrait complet de la tumeur par chirurgie, ont reçu soit une combinaison de l’intismeran (1 mg toutes les trois semaines, jusqu’à neuf doses) et de l’immunothérapie Keytruda (400 mg toutes les six semaines, jusqu’à neuf cycles), soit l’immunothérapie Keytruda seul, pendant environ un an, jusqu’à une récidive de la maladie ou la survenue d’effets secondaires jugés trop importants, ou pendant une durée totale de traitement allant jusqu’à environ 56 semaines.

Cancer de la peau : le vaccin à ARN messager favorise la survie sans récidive et sans métastase

D’après les données, le critère d'évaluation principal, à savoir la survie sans récidive, et le critère d’évaluation secondaire clé, c’est-à-dire la survie sans métastase, ont été atteints. "Il s'agit du premier résultat positif de phase 3 pour une thérapie néoantigénique individualisée et pour une thérapie anticancéreuse à base d'ARNm, ainsi que de la première étude de phase 3 démontrant une amélioration cliniquement significative par rapport à une immunothérapie de référence, en traitement adjuvant chez les patients atteints d'un mélanome avancé", peut-on lire dans un communiqué. En termes de sécurité, les effets secondaires rapportés étaient similaires à ceux observés dans les précédents travaux. "Aucun nouveau signal de sécurité n’a été observé."

Face à ces données encourageantes, les deux laboratoires soulignent que l’association d'intismeran et de pembrolizumab (Keytruda) pourrait permettre aux patients de rester en rémission plus longtemps. "En intervenant plus tôt dans l'évolution de la maladie, au moment où de nombreux cancers sont considérés comme les plus traitables, l'objectif du traitement adjuvant administré après la chirurgie est d'accroître les chances de guérison pour un plus grand nombre de patients. Ces premiers résultats de phase 3 renforcent l'espoir d'une approche plus personnalisée du traitement du cancer", a conclu Dean Y. Li, président des laboratoires de recherche Merck.

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