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Epidémie de choléra en Birmanie : tout savoir sur cette maladie qui peut tuer

À Rangoun, le choléra fait son retour avec des centaines d’hospitalisations pour diarrhées sévères. Face au risque de propagation de cette maladie qui peut être mortelle, les autorités misent sur la réhydratation, l’hygiène et l’accès à l’eau potable.

Epidémie de choléra en Birmanie : tout savoir sur cette maladie qui peut tuer SyhinStas / istock




L'ESSENTIEL
  • Le choléra a été officiellement confirmé à Rangoun après 500 hospitalisations pour diarrhées sévères.
  • La déshydratation peut rendre la maladie mortelle sans prise en charge rapide.
  • L'accès à l'eau potable et l'hygiène sont essentiels pour freiner sa propagation.

À Rangoun, en Birmanie, 500 personnes ont été hospitalisées depuis le 9 août pour des diarrhées sévères. Parmi elles, 149 ont obtenu un test rapide positif au choléra, dont neuf cas confirmés par le Laboratoire national de santé, selon les informations de l'AFP. Selon Bo Htay, ministre des Affaires sociales de la région de Rangoun, plus de 100 nouvelles admissions avaient encore été enregistrées au soir du jeudi 13 août, avant que le nombre de nouveaux cas ne diminue. Ces chiffres constituent la première confirmation officielle de la présence du choléra dans la région, dans un pays où les infrastructures sanitaires ont été fortement fragilisées.

Pourquoi le choléra peut-il être si dangereux ?

Neuf patients ont donc été confirmés porteurs de Vibrio cholerae, la bactérie responsable de la maladie. Un patient de 92 ans est également décédé après son admission pour diarrhée. Toutefois, le journal Global New Light of Myanmar, citant des responsables, rapporte que cet homme souffrait déjà de maladies cardiaque et pulmonaire. Face à la situation, les autorités ont renforcé la surveillance épidémiologique, distribuent des traitements de réhydratation et sensibilisent les populations exposées.

Le choléra est une infection diarrhéique aiguë, principalement provoquée par Vibrio cholerae des sérogroupes O1. Comme l'explique l'Institut Pasteur, "cette infection peut être causée par des contacts directs avec des malades (via des mains sales, des toilettes mortuaires…) mais plus fréquemment par l'ingestion d'eau ou d'aliments contaminés par des déjections de malades". Après une contamination, une diarrhée abondante peut apparaître rapidement, parfois accompagnée de vomissements et de douleurs abdominales. Le principal danger est alors la déshydratation, qui peut entraîner la mort en quelques heures sans traitement.

Le choléra peut donc généralement être pris en charge grâce à une réhydratation rapide. Des antibiotiques peuvent également être utilisés dans les formes sévères. Le véritable enjeu reste donc l'accès rapide aux soins et surtout à une eau sûre. Le risque augmente donc drastiquement lorsque l'eau potable et les systèmes d'assainissement font défaut, comme c’est le cas en Birmanie.

Eau potable et hygiène, premières armes contre le choléra

Pour éviter la propagation de la maladie, l'Institut Pasteur recommande de se laver régulièrement les mains, notamment avant les repas, et de ne boire que de l'eau potable. En l'absence d'eau sûre, "des comprimés de purification de l’eau, des filtres ou du chlore doivent être utilisés". Il est également conseillé de consommer des aliments correctement cuits, servis chauds et conservés dans des récipients fermés, tout en évitant les produits crus.

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) décrit le choléra comme "une menace pour la santé publique mondiale", mais aussi comme un indicateur "d'inéquité et d'un manque de développement économique et social". En Birmanie, plus de cinq ans de guerre civile ont lourdement endommagé les infrastructures et le système de santé. Rétablir durablement l'accès à l'eau potable sera donc essentiel pour contenir l'épidémie.

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