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Oncologie

Cancers : ces professions pour lesquelles on ne soupçonnait pas un tel risque

Les membres des équipages aériens, régulièrement exposés aux rayonnements cosmiques à haute altitude, sont plus susceptibles de mourir d’un cancer que les personnes exerçant d’autres métiers.

Cancers : ces professions pour lesquelles on ne soupçonnait pas un tel risque Svitlana Hulko/iStock




L'ESSENTIEL
  • Les membres des équipages aériens reçoivent environ 3 à 6 millisieverts de rayonnement cosmique par an, selon leurs trajets, soit nettement plus que la dose reçue par un voyageur aérien occasionnel.
  • Ainsi, les pilotes et les personnels de cabine présentent la plus forte proportion de décès par cancers liés aux rayonnements parmi plus de 500 professions étudiées.
  • D’après cette nouvelle étude, 6,9 % des décès chez les agents de bord et 6,7 % chez les pilotes étaient attribués aux cancers considérés comme liés aux rayonnements.

Ils travaillent dans les airs et un risque de mortalité par cancer plane sur eux. Une nouvelle étude, publiée dans la revue JAMA Internal Medicine, alerte sur les dangers liés à l’exposition répétée aux rayonnements cosmiques à haute altitude. Dans le cadre de celle-ci, les chercheurs de l’université d’Harvard sont partis d’un constat : "les membres des équipages aériens reçoivent la dose annuelle moyenne de rayonnements ionisants la plus élevée de toutes les catégories professionnelles aux États-Unis, principalement en raison de l'exposition aux rayonnements cosmiques à haute altitude. Les conséquences potentielles de cette exposition sur la santé, notamment le risque de cancer, sont devenues une priorité pour les professionnels de santé publique. Toutefois, les précédentes recherches n'avaient pas permis de déterminer clairement si cela se traduisait par des taux de mortalité par cancer plus élevés."

8 cancers liés aux rayonnements pris en compte

Pour déterminer si les pilotes et les personnels de cabine présentent un risque accru de mortalité par cancer lié aux rayonnements par rapport aux autres professions, l’équipe a utilisé une base de données unique portant sur la population plutôt que des cohortes individuelles suivies pour leur profession ou leur cancer. Elle a passé en revue tous les certificats de décès établis aux États-Unis entre 2020 et 2024. L’analyse a permis d’examiner les informations de près de 13 millions de défunts répartis dans 503 professions, dont 14.000 pilotes et 7.000 personnels de cabine.

Les scientifiques ont analysé les cancers liés ou non aux rayonnements selon les professions. Ils ont également comparé les membres des équipages navigants au personnel au sol du secteur aérien. Les cancers liés aux rayonnements pris en compte étaient le cancer du sein, les cancers du système nerveux central, le myélome multiple, la leucémie (à l'exception de la leucémie lymphoïde chronique), le lymphome, le cancer de la thyroïde, le cancer de la prostate, le mélanome et d’autres cancers de la peau. Les auteurs ont exclu le cancer du poumon afin de réduire les risques de confusion avec le tabagisme. En outre, plusieurs facteurs, comme l’âge au moment du décès, le sexe, l'origine ethnique, le niveau d’éducation et la situation matrimoniale, ont été pris en compte.

Cancer : les membres des équipages aériens présentent un risque plus élevé de décès

Les membres des équipages aériens reçoivent une dose estimée de 3 à 6 millisieverts de rayonnement cosmique par an, en fonction des itinéraires de vol, "ce niveau est supérieur d'un ordre de grandeur à la dose annuelle estimée de 0,4 millisievert reçue par un passager aérien moyen effectuant dix allers-retours transcontinentaux par an." D’après les résultats, les pilotes et personnels de cabine présentaient des taux de mortalité statistiquement plus élevés dus aux cancers du sein, du système nerveux central et de la prostate et au mélanome. Les pilotes avaient également un taux de mortalité plus élevé par leucémie.

Au total, environ 6,9 % des décès survenus au sein du personnel de cabine et 6,7 % de ceux survenus chez les pilotes étaient attribuables à des cancers liés aux rayonnements. "Ces proportions étaient supérieures à celles observées dans toutes les autres professions étudiées, y compris chez les techniciens du secteur nucléaire, bien que ces derniers soient régulièrement exposés à des rayonnements d'origine non cosmique, ils ne se classaient qu'au douzième rang de la liste. Les taux observés chez les mécaniciens et les monteurs d'aéronefs n'étaient pas plus élevés que ceux des autres métiers", ont indiqué les chercheurs.

Face à ces résultats inquiétants, l’équipe souligne la nécessité de mettre en place des mesures pour protéger les membres des équipages aériens contre l'exposition aux rayonnements cosmiques.

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