- Comparer ses enfants est un réflexe fréquent, souvent dans le but de les encourager.
- Quand un enfant est comparé régulièrement à son frère ou à sa sœur, il peut comprendre qu'il est jugé en fonction de sa capacité à égaler ou dépasser l'autre.
- Il est important de répondre aux besoins spécifiques de chaque enfant, de passer du temps seul avec chacun d'eux et de valoriser leurs qualités propres.
Grandir sous le même toit avec les mêmes parents ne veut pas dire avoir les mêmes besoins, le même tempérament ou le même rythme de développement. Pourtant, comparer ses enfants est un réflexe fréquent, souvent dans le but de les encourager. Si ces remarques sont rarement malveillantes, elles peuvent laisser des traces durables sur l'estime de soi et les relations au sein de la fratrie.
Une empreinte sur le développement émotionnel
L'enfance et l'adolescence sont des périodes pendant lesquelles le cerveau est particulièrement sensible aux expériences relationnelles. Les paroles des parents, des enseignants ou des autres adultes de référence participent à la construction de l'image que l'enfant développe de lui-même.
Quand un enfant est comparé régulièrement à son frère ou à sa sœur, il peut comprendre que sa valeur dépend de sa capacité à égaler ou dépasser l'autre. Au lieu de construire sa confiance à partir de ses propres progrès, il risque d'évaluer sa réussite uniquement en comparaison avec celle de l'autre.
Si certains enfants redoublent d'efforts pour obtenir de la reconnaissance, parfois au prix d'un perfectionnisme excessif, d'autres finissent par se décourager, persuadés qu'ils ne seront jamais à la hauteur.
Quand la comparaison nourrit la rivalité
Les comparaisons n'affectent pas seulement l'enfant qui les reçoit, elles influencent aussi la qualité des liens fraternels. Même quand elles se veulent encourageantes, elles peuvent installer une compétition silencieuse. Les comparaisons au sujet des résultats scolaires, du comportement, des performances sportives ou encore de la facilité à gérer ses émotions, peuvent donner à l'enfant le sentiment qu'il doit constamment prouver sa valeur.
À long terme, son frère ou sa sœur risque d'être perçu davantage comme un concurrent que comme un allié. Le paradoxe, c'est que celui ou celle qui est présenté comme le « modèle » peut lui aussi souffrir de cette situation en ressentant une pression importante pour continuer à répondre aux attentes familiales et avec la peur de décevoir au moindre échec. Finalement, les comparaisons mettent souvent les deux enfants dans une position inconfortable.
Valoriser chaque enfant dans son individualité
Chaque enfant possède son propre tempérament, ses forces, ses difficultés et son rythme d'apprentissage. Les recherches en psychologie du développement montrent que les encouragements sont plus efficaces quand ils portent sur les efforts, les progrès et les stratégies mises en place plutôt que sur une comparaison avec les autres.
Plutôt que de dire "Regarde comme ton frère range sa chambre", on peut dire "J'ai remarqué que tu t'organises de mieux en mieux". Cette approche favorise davantage le sentiment de compétence, la motivation et la confiance en soi.
Il est également utile de reconnaître que l'équité n'est pas toujours synonyme d'égalité. Ainsi, répondre aux besoins spécifiques de chaque enfant, passer du temps seul avec chacun d'eux et valoriser leurs qualités propres aide chacun à trouver sa place sans avoir à se mesurer en permanence aux autres.
En savoir plus : "Frères et sœurs – Une histoire de complicité et de rivalité" d'Héloïse Junier.


