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Douleur chronique : pourra-t-on bientôt désactiver le mécanisme responsable ?

Certains neurones et récepteurs du locus coeruleus, une zone cérébrale, sont impliqués dans l’apparition des douleurs chroniques. En activant ou désactivant certains d’entre eux, il serait ainsi possible de les réduire. 

Douleur chronique : pourra-t-on bientôt désactiver le mécanisme responsable ? Zinkevych/istock

  • Publié le 24.08.2026 à 17h55
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La solution contre la douleur chronique pourrait se trouver dans notre cerveau. Des chercheurs américains ont décrypté un mécanisme cérébral capable de freiner la douleur. Dans la revue scientifique Current Biology, ils expliquent comment le locus coeruleus, un amas de cellules situé à la base du cerveau, est au cœur du processus de la douleur. 

Une zone cérébrale impliquée dans la régulation de la douleur 

Ces spécialistes rappellent que la douleur dite neuropathique survient lorsque des fibres nerveuses endommagées transmettent au cerveau "des signaux incessants et erronés, provoquant des sensations de décharge électrique, de coup de poignard ou de brûlure". Dans la première partie de leurs travaux, les chercheurs de l’université de Washington ont confirmé le rôle du locus coeruleus dans la régulation de ce processus. Chez des souris, ils ont pu observer comment une lésion nerveuse transforme cette zone en moteur actif de la douleur. Lorsqu’ils ont désactivé temporairement les neurones du locus coeruleus chez les rongeurs, ils ont constaté une sensibilité réduite au toucher et à la chaleur chez les animaux présentant une douleur neuropathique, par rapport aux souris saines.

Dans un second temps, ils ont étudié des récepteurs présents sur les neurones du locus coeruleus, cible des traitements opioïdes, dont l’un d’eux appelé "mu". "Les récepteurs opioïdes mu sont répartis dans tout le cerveau et la moelle épinière, indiquent les auteurs. Lorsque les opioïdes produits naturellement par l'organisme ou les opioïdes de synthèse, tels que la morphine et le fentanyl, se fixent sur ces récepteurs, la douleur ressentie dans le système nerveux diminue." 

De nombreux récepteurs de ce type sont présents dans le locus coeruleus. Les chercheurs les ont supprimés chez des souris souffrant de douleurs neuropathiques. "En l'absence de ces récepteurs, les souris se sont révélées encore plus sensibles au toucher et à la chaleur que celles conservant leurs récepteurs mu dans le locus coeruleus, développent-ils. Le rétablissement de ces récepteurs sur les mêmes neurones a permis d'annuler cette hypersensibilité, faisant ainsi disparaître la douleur."

Douleur chronique : une future alternative aux opioïdes ? 

Pour ces spécialistes, ces résultats suggèrent que la douleur chronique pourrait altérer la capacité des récepteurs opioïdes mu à freiner l'activité des neurones du locus coeruleus. Ils aimeraient identifier des traitements capables d’agir sur ces récepteurs spécifiques, sans nuire à d’autres récepteurs cérébraux.

"Des millions d'adultes souffrent de douleurs neuropathiques chroniques causées par des lésions nerveuses, rappelle Jordan McCall, docteur en sciences et professeur au Centre de pharmacologie clinique du département d'anesthésiologie de la faculté de médecine de l'université Washington, qui a dirigé l'étude. Ces douleurs sont difficiles à traiter ; les opioïdes classiques se fixent sur des récepteurs répartis dans tout le corps et le cerveau, entraînant souvent des effets secondaires, une accoutumance et un risque de dépendance. Comprendre comment des récepteurs localisés dans le locus coeruleus agissent comme des régulateurs pourrait permettre de mettre au point des traitements plus ciblés et plus efficaces, tout en réduisant les risques."

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