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Longévité au travail : quels effets d’un bon sommeil à 50 ans ?

Après 50 ans, les nuits pourraient jouer un rôle dans la durée de la carrière. Selon une étude, les troubles du sommeil sont associés à une sortie plus précoce du marché du travail. Tout comme le fait de dormir beaucoup.

Longévité au travail : quels effets d’un bon sommeil à 50 ans ? Wavebreakmedia / istock




L'ESSENTIEL
  • Les troubles du sommeil sont associés à une vie professionnelle plus courte après 50 ans.
  • Dormir neuf heures ou plus est également lié à une réduction de l’espérance de vie.
  • Les chercheurs appellent à mieux prendre en charge les problèmes de sommeil au milieu de la vie.

Et si la qualité de vos nuits pesait aussi sur votre avenir professionnel ? Une vaste étude finlandaise suggère qu'à partir de 50 ans, des troubles du sommeil sévères ou des nuits particulièrement longues sont associés à une espérance de vie professionnelle plus courte. Un constat qui pourrait plus que jamais compter, à l’heure où l'âge de départ à la retraite recule dans de nombreux pays.

Des nuits difficiles, quelques mois de travail en moins

La recherche, publiée dans Occupational & Environmental Medicine, s'appuie sur deux grandes cohortes finlandaises : la Finnish Public Sector Study, incluant plus de 70.000 salariés, et l'étude Health and Social Support, qui porte sur quelque 6.000 adultes en âge de travailler. Les chercheurs ont évalué leur sommeil après l'âge de 50 ans, avant de croiser ces informations avec les données du registre finlandais des retraites. Les participants ont été classés selon la durée de leurs nuits : moins de 7 heures, 7 à 8 h 30, ou au moins 9 h. Les troubles du sommeil incluaient notamment les difficultés d'endormissement, les réveils nocturnes ou précoces et le sommeil non réparateur, selon un communiqué.

Résultat : les personnes sans troubles du sommeil pouvaient espérer travailler en moyenne 13 ans et 5 mois à partir de 50 ans. Cette durée chutait à 13 ans en cas de troubles modérés, et à 12 ans et 10 mois lorsque les troubles étaient sévères, soit environ huit mois de moins.

Dormir beaucoup n’est pas beaucoup mieux

L'étude réserve une autre surprise : dormir beaucoup n'est pas nécessairement associé à une carrière plus longue. Chez les volontaires de la première cohorte, les personnes dormant 7 à 8 h 30 par nuit avaient une espérance de vie professionnelle d'environ 13 ans et 2 mois, contre 12 ans et 5 mois pour celles dormant plus de 9 heures, soit neuf mois de travail en mois. Dans la seconde étude, l'écart dépassait même 30 mois.

Les chercheurs observent également d'importantes différences sociales. Entre les profils les plus favorisés et les plus défavorisés, l'écart d'espérance de vie professionnelle atteignait environ un an et cinq mois dans la première cohorte, et jusqu'à cinq ans dans la seconde.

Des facteurs déterminants oubliés

Faut-il en conclure que mal dormir fait partir plus tôt du marché du travail ? Pas forcément. Les auteurs rappellent qu'il s'agit là d'une étude observationnelle, qui ne permet pas d'établir une relation de cause à effet. Certains facteurs, comme la santé physique et mentale, les maladies existantes, les comportements à risque ou encore le travail posté, n'ont pas pu être totalement pris en compte.

Les chercheurs estiment néanmoins que la santé du sommeil mérite davantage d'attention à la cinquantaine, particulièrement chez les personnes aux revenus ou au niveau socio-éducatif plus faibles. Ils concluent : "Promouvoir la santé du sommeil et soutenir la prise en charge des troubles du sommeil à la moitié de la vie pourrait être particulièrement important" pour favoriser le maintien dans l'emploi avec l'avancée en âge.

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