- Le voile du palais serait au cœur du ronflement.
- Il vibrerait sous l’effet du passage de l’air.
- Cette découverte pourrait aider à améliorer les traitements contre les ronflements.
Pourquoi ronflons-nous ? En Suède, une équipe de chercheurs du KTH Royal Institute of Technology a utilisé un modèle informatique en 3D pour observer ce qui se passe lorsque nous produisons ce bruit quand on dort. Leurs résultats, publiés dans la revue Physics of Fluids par l’American Institute of Physics, pourraient aider à imaginer de nouvelles solutions contre les ronflements.
Le voile du palais au cœur du problème
Pour comprendre l’origine du bruit, l’équipe a créé une version virtuelle de la partie supérieure de la gorge. Le modèle reproduit notamment le voile du palais, une zone souple située au fond du palais, derrière la partie dure que l’on peut sentir avec la langue. Lorsque nous respirons pendant notre sommeil, l’air passe dans la gorge et exerce une pression sur ce tissu. Le voile du palais se met alors à bouger. Et, comme lorsqu’on souffle dans un instrument de musique, ces vibrations produisent un son.
"De nombreuses études simplifient la respiration ou négligent l’interaction entre le flux d’air, les mouvements des tissus et la production du son, explique Peng Li, auteur principal des travaux, dans un communiqué. Nous espérons mieux comprendre comment la respiration provoque le ronflement et identifier les principaux mécanismes responsables de sa production sonore."
Un phénomène proche de la clarinette
Pour rendre leur expérience virtuelle plus réaliste, les scientifiques ont utilisé le rythme respiratoire enregistré chez une personne qui ronflait sans souffrir d’apnée du sommeil. Un cycle respiratoire durait environ 4,1 secondes. Leur simulation montre que le voile du palais ne bouge pas au hasard : il se met à vibrer de façon régulière, un peu comme l’anche d’une clarinette lorsque l’air passe dessus. Les chercheurs ont notamment identifié un pic sonore autour de 90 Hz. Le niveau sonore simulé atteignait environ 75 décibels pendant l’inspiration et 69 décibels pendant l’expiration, des niveaux proches de ceux mesurés chez de véritables ronfleurs.
Autre découverte importante : contrairement à ce que l’on pourrait penser, les turbulences de l’air jouent un rôle très faible. Elles représenteraient moins de 0,5 % du son dans cette simulation. Le bruit serait surtout créé par les mouvements répétés de l’air qui font vibrer le voile du palais.
Une piste pour mieux traiter le ronflement ?
Cette découverte pourrait-elle permettre de mieux lutter contre les ronflements ? C’est en tout cas l’une des pistes envisagées par les chercheurs. "Réduire les vibrations du voile du palais ou les variations instables de la pression exercée par l’air pourrait contribuer à diminuer le ronflement", selon Peng Li. Cela pourrait notamment aider à étudier les traitements qui cherchent à rendre ce tissu plus rigide ou à modifier le passage de l’air.
La prochaine étape consistera donc à modifier virtuellement la rigidité du voile du palais. "Nous voulons déterminer comment elle modifie l’amplitude des oscillations, la fréquence dominante, les flux d’air et l’intensité de la source acoustique", précise le chercheur. L’objectif est simple : comprendre pourquoi certains tissus vibrent davantage que d’autres.


