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Obésité

Médicaments anti-obésité : près d’un Français sur cinq est prêt à en prendre

Selon un sondage de l’Ifop pour Darwin nutrition, de nombreux Français seraient même susceptibles de se fournir sans ordonnance, sur des marchés parallèles.  

Médicaments anti-obésité : près d’un Français sur cinq est prêt à en prendre Alones Creative/istock

  • Publié le 24.08.2026 à 15h55
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La vague Ozempic atteindra-t-elle la France ? Ce médicament prescrit contre l’obésité est de plus en plus plébiscité aux États-Unis. Autorisés et remboursés en France depuis la mi-juin, les traitements analogues du GLP-1 sont réservés aux patients atteints d’obésité sévère. Mais d’après un sondage réalisé par l’Ifop pour Darwin Nutrition*, près d’un Français sur cinq serait enclin à en prendre, même de façon illégale. 

Ozempic, Mounjaro, Wegovy : des traitements encore peu consommés en France

Dans cet échantillon de plus de 3.000 personnes, les réponses révèlent qu’actuellement, le recours à ces médicaments reste mesuré. "Seuls 4 % des Français(es) ont déjà essayé de perdre du poids en prenant des médicaments contre l'obésité de type Ozempic ou Wegovy, et 2 % le font actuellement, indique l’étude. À la même date, aux États-Unis, 15 % des adultes déclaraient en avoir déjà pris et 11 % en prendre au moment de l'enquête : un rapport de 1 à 4." En France, elle reste une solution rare, au même titre que la chirurgie bariatrique, à l’inverse de l’activité physique ou d’un rééquilibrage alimentaire. Pour l’Ifop, le niveau français et son évolution doivent toutefois être comparés à la progression américaine. "Outre-Atlantique, la même mesure d'usage au cours de la vie est passée de 12 % au printemps 2024 à 18 % à la fin de l'année 2025, soulève le communiqué. Six points gagnés en dix-huit mois : ce n'est pas une dérive lente, c'est une bascule."

Vers une augmentation de la prise de traitements analogues du GLP-1 en France ?

En France, la même trajectoire pourrait se dessiner, au vu de l’engouement constaté. S’ils sont peu nombreux à en prendre aujourd’hui, de nombreux répondants ont déclaré être prêts à le faire. Les résultats de l’étude montrent que 18 % des Français "estiment pouvoir prendre des médicaments GLP-1 pour maigrir" (5 % 'certainement', 13 % 'probablement'), soit 20 % des femmes et 16 % des hommes. Les chiffres sont particulièrement élevés chez les femmes de 35 à 49 ans. "En y ajoutant les usagers actuels, la consommation potentielle atteint 19 % de la population, soit près de dix millions d'adultes - un vivier du même ordre que celui mesuré outre-Atlantique auprès des Américains non-utilisateurs (22 %)", notent les auteurs. 

Médicaments anti-obésité : des Français prêts à se fournir sur les marchés parallèles 

D’autant que de nombreuses personnes estiment que le recours à des circuits parallèles est envisageable. Plus de quatre répondants sur dix ont déclaré pouvoir potentiellement s’en procurer sans ordonnance, via des pharmacies étrangères ou des sites non autorisés. 13 % des sondés considèrent qu’ils pourraient "certainement" avoir recours à un marché parallèle pour obtenir ces médicaments : à l’échelle du pays, cela représente près de quatre millions de personnes. "Plus on dispose d'un titre médical à l'accès légal, moins on envisage de le contourner ; plus on en est exclu, plus le circuit gris attire, commentent les auteurs du sondage. En effet, parmi les candidats au GLP-1, ce sont les moins corpulents qui envisagent le plus le circuit sans ordonnance : la moitié des candidats de corpulence 'normale' (50% pour les femmes, 54% pour les hommes) et 56% des femmes maigres." 

Pour François Kraus, directeur de pôle 'Genre, Sexualités et Santé sexuelle' à l’Ifop, ces résultats sont révélateurs de facteurs plus esthétiques que sanitaires. "Le regard porté sur soi prédit mieux l'attrait pour le GLP-1 que l'indice de masse corporelle, observe-t-il. C'est bien une demande esthétique, façonnée par les réseaux sociaux, qui vient frapper à la porte de la pharmacie."

* Étude Ifop pour Darwin Nutrition réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 17 au 21 mai 2026 auprès d'un échantillon de 3 004 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

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