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Aux USA et en France

Accouchements : les femmes subissent moins d'épisiotomies

Les femmes accouchant aux Etats-Unis subissent de moins en moins d'épisiotomies. En France aussi, même si les chiffres sont supérieurs. Mais le pays revient de plus loin.

Accouchements : les femmes subissent moins d'épisiotomies Christopher Millette/AP/SIPA

  • Publié 16.01.2015 à 07h00
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Bonne nouvelle pour toutes les femmes qui vont accoucher ! Il y a de moins en moins d’épisiotomies. Autrement dit de mutilation génitale, comme elles le perçoivent. Car la vulve ou le vagin est découpé à coup de ciseaux pour faciliter la sortie du bébé. Résultat pour la femme, des douleurs pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois et une reprise plus lente des rapports sexuels. Des chiffres à la baisse ont été publiés mardi dans le Journal of the American Medical Association (JAMA). S’ils concernent les Etats-Unis, ils fournissent une bonne occasion de faire un point sur la situation française et de comparer les deux pays.


11,6% aux Etats-Unis

Outre-Atlantique, une épisiotomie a ainsi dû être pratiquée dans 11,6% des accouchements par les voies naturelles en 2012, contre 17,3% en 2006. Pour parvenir à ces résultats, Alexander Friedman, de la Columbia University à New York et ses collègues, ont analysé les données de plus de 2,2 millions de femmes dans 510 maternités. Cette diminution du nombre d’épisiotomies « reflète probablement l’adoption de recommandations restrictives face aux risques d’une telle procédure et face aux bénéfices non clairement établis de son utilisation en routine », concluent les auteurs.

Les chiffres particulièrement bas obtenus aux Etats-Unis ont de quoi faire baver d’envie les Françaises. Mais le Pr Philippe Deruelle, secrétaire général du Collège national des gynécologues-obstétriciens français (CNGOF), a une première explication. Les Etats-Unis pratiquent beaucoup de césariennes. Et les femmes qui accouchent par les voies basses sont alors celles qui ont le moins de problème.

 

Ecoutez Philippe Deruelle, secrétaire général du CNGOF : « Aux Etats-Unis, les taux d’épisiotomies sont très bas, mais les taux de césarienne sont extrêmement élevés… »

 


Le Pr Deruelle a aussi une autre explication, plus historique cette fois, selon laquelle les Etats-Unis auraient peut-être eu une politique moins forte d’épisiotomie que la France. L’épisiotomie est ancienne. Et au départ, on y a eu probablement recours pour raccourcir le délai d’expulsion du bébé. Ce qui est encore la principale indication aujourd’hui. Puis, au fur et à mesure, l’épisiotomie a été aussi utilisée en prévention, pour éviter les déchirures sévères du périnée, les prolapsus (descentes d’organe) et l’incontinence urinaire. Jusqu’à ce que la littérature scientifique démontre que l’épisiotomie n’était pas efficace en prévention.

 

Ecoutez Philippe Deruelle, secrétaire général du CNGOF : « L’indication la plus limite concerne la prévention des déchirures sévères … »


D’ailleurs, pour éviter les déchirures du périnée, la solution pour le Ciane (Collectif interassociatif autour de la naissance) n’est pas l’épisiotomie mais de pouvoir adopter une position d’accouchement confortable.

 

Ecoutez Chantal Ducroux-Schouwey, présidente du Ciane : « Pour prévenir les déchirures, il faut laisser la femme libre de ses mouvements pendant l’accouchement »


Créé en 2003, le Ciane a milité pour un moindre recours aux épisiotomies. Et dès 2005, le CNGOF a émis des recommandations pour restreindre le recours à l’épisiotomie. Il a notamment demandé qu’elle ne soit plus systématique pour les femmes accouchant de leur premier enfant. Dix ans plus tard, la situation s’est améliorée. Mais sans obtenir de chiffres aussi bas qu’aux Etats-Unis, car la France revient de loin. Et d’un établissement à l’autre, les chiffres peuvent varier considérablement. « Cela prend beaucoup de temps de remettre en cause un enseignement qui a perduré pendant 30 à 40 ans », souligne le Pr Deruelle.


30% en France

Rien que pour les femmes ayant accouché de leur premier enfant, le taux d’épisiotomie a été réduit d’environ un tiers, pour atteindre 44,4% en 2010, contre …71,3% en 1998. Et chez les femmes ayant eu plusieurs enfants, le taux d’épisiotomie était de 14,3% en 2010, contre 36,2% en 1998.

Dans ses recommandations, le CNGOF avait fixé un objectif de moins de 30% sans échéance. Objectif atteint donc sur toutes les femmes qu'elles aient accouché d'un ou de plusieurs enfants. Et le Pr Deruelle espère que la prochaine enquête sur la périnatalité en 2016 montrera qu’on atteint 30% d’épisiotomies rien que chez les femmes accouchant d’un premier enfant (contre 44,4% en 2010).

Le Ciane réclame pour sa part l’abaissement du taux vers lequel les établissements doivent tendre, les objectifs nationaux ayant été atteints et certains établissements parvenant à des taux de l’ordre de 10% ou moins encore.

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