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Virus réapparu

Sida : pourquoi la fillette du Mississippi reste un cas exceptionnel

Le bébé miraculé du sida, grâce à un traitement aux antirétroviraux 30 heures après sa naissance, n'était en fait qu'en rémission. Le virus est réapparu dans son sang. Les spécialistes du VIH ne sont pas surpris.

Sida : pourquoi la fillette du Mississippi reste un cas exceptionnel Capture d'écran vidéo YouTube, Dr Deborah Persaud, virologue, membre de l'équipe de l'Université du Mississippi (AP/SIPA)

  • Publié le 12.07.2014 à 15h41
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« C'était un scénario écrit d'avance ! Beaucoup de gens dans la communauté médicale se doutaient que ça allait survenir ! La question était de savoir quand ? » C'est la réaction du Pr Jean-Daniel Lelièvre, en charge des essais cliniques au sein de l'Institut de recherche vaccinale (VRI), lorsqu'il a appris que le « Mississippi Baby » n'était en fait pas guéri du VIH. Un cas de rémission temporaire qu'il a commenté au micro de pourquoidocteur.

Plus de doute, le VIH est réapparu
Dans cette histoire tout commence à l'automne 2010, lorsqu'une femme arrive dans un hôpital du Mississippi, et donne naissance prématurément à son enfant. N'ayant pas vu un médecin au cours de la grossesse, elle ignore qu'elle est séropositive. Le Dr Hannah B. Gay, professeur en pédiatrie, réalise alors deux prises de sang à une heure d'intervalle pour tester la présence du virus chez l'enfant. Les analyses révèleront un taux de virus à environ 20 000 copies par millilitre, un taux assez bas pour un bébé. Les médecins n'attendent pas les résultats pour agir. 30 heures après la naissance, l'enfant est traité par antirétroviraux. Résultat, à ses 3 ans, la fillette ne présentait toujours plus de traces du virus alors qu'elle ne prenait plus d'antirétroviraux. Jusqu'à des tests sanguins au début du mois de juillet 2014 qui ont révélé que la fillette avait à nouveau des niveaux détectables du VIH dans le sang, associés à une quantité moindre de lymphocytes et à la présence d'anticorps qui prouvent que le VIH a fait sa réapparition.

Une guérison fonctionnelle 
« En fait ce que l'on voyait chez cette enfant n'était pas une éradication du virus mais une cure fonctionnelle. Sous ce terme, les Américains parlaient en réalité d'une éradication fonctionnelle du VIH avec un contrôle de la réplication du virus sans rétroviraux. Mais ça ne voulait pas dire que la patiente était guérie. Et chez cette enfant, on voyait déjà depuis quelques temps qu'on pouvait détecter des petites quantités de virus à l'intérieur de ses cellules. » Reste maintenant à savoir pourquoi la charge virale est restée indétectable pendant quatre ans. Le Pr Lelièvre confie que le mystère reste entier. C'est aux chercheurs de l'Université du Mississipi d'y apporter une réponse.

Le traitement précoce a freiné le développement du virus
Pour autant, ce médecin-chercheur à l'hôpital Henri Mondor (Créteil) rappelle que le « Mississipi Baby » reste tout de même un cas exceptionnel. Et que la piste consistant à traiter les personnes précocément se confirme comme étant une des plus intéressantes. D'autant que le cas de cette petite fille a mis en évidence un autre effet positif : « Cela a sans doute préservé un certain nombre d'éléments de son système immunitaire qui lui permettront ensuite de mieux contrôler le virus. Même si elle va devoir reprendre des antirétroviraux, le virus n'a sans doute pas fait beaucoup de dégats chez elle. Son pronostic est plutôt très favorable. Comme c'est le cas pour beaucoup de malades traités précocement après leur infection. Ce sont chez eux que nous avons les meilleurs résultats plus tard », conclut-il.  

Ecoutez le Pr Jean-Daniel Lelièvre, médecin-chercheur à l'hôpital Henri Mondor (Créteil) : « Traiter les gens très tôt après leur infection est efficace. Si on y arrive et qu'au bout de dix ans on arrête leur traitement antirétroviral, on constate que 20 % d'entre eux contrôlent spontanément le virus qui reste indétectable.»



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