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Allaitement, alcool, alimentation...

Cancer du sein : les femmes blanches sont plus à risque

Par Audrey Vaugrente

Les femmes blanches risquent davantage de développer un cancer du sein par rapport aux femmes noires et d'Asie du Sud-Est, selon une récente étude.

GUSTAFSSON/LEHTIKUVA OY/SIPA

Le mode de vie des femmes blanches les expose plus au risque de développer un cancer du sein. C'est le résultat d'une récente étude de l'université d'Oxford (Royaume-Uni), publiée dans le British Journal of Cancer, comparant les risques de cancer du sein chez les femmes blanches, noires et d'Asie du Sud-Est vivant en Grande-Bretagne.

 

Des facteurs sociaux et reproductifs

Une étude a été menée sur plus d'un million de femmes au Royaume-Uni, entre 1996 et 2001. Les participantes, âgées de 50 à 64 ans, ont rempli des questionnaires sur leur état de santé et leurs habitudes de vie. Des données du service de santé national, le NHS, ont été recueillies afin d'obtenir des statistiques fiables sur le cancer du sein. Lorsqu'on ne prend en compte que les facteurs génétiques, les différents groupes ethniques sont exposés au même risque. En revanche, les facteurs reproductifs ainsi que le mode de vie l'influencent fortement.

 

On savait déjà que les femmes blanches étaient plus nombreuses à être atteintes de cette maladie. Cette étude nous fournit une explication. Allaitement, nombre d'enfants ou encore consommation d'alcool, sont quelques uns des éléments qui peuvent augmenter le risque de développer un cancer du sein. « La plus faible incidence des cancers du sein chez les femmes noires et asiatiques par rapport aux femmes blanches en Angleterre est largement, pour ne pas dire totalement, due à des différences dans les facteurs de risques de la maladie, » précise le rapport de l'étude.

 

Moins d'allaitement, plus d'alcool chez les femmes blanches

Les femmes blanches conçoivent et allaitent moins que les femmes asiatiques et noires (69% contre plus de 80%). On constate en revanche que les femmes noires et asiatiques délaissent plus les thérapies hormonales que leurs congénères blanches. Ces écarts se retrouvent dans le mode de vie des sondées : les participantes asiatiques étaient trois quarts à ne pas boire. Les femmes noires étaient à peine deux tiers à s'abstenir, contre moins d'un quart des femmes blanches.

 

Sur la période de suivi de 12 ans, 3,7% des femmes noires et asiatiques ont été atteintes d'un cancer du sein contre 4,5% des femmes blanches. Le risque pour les premières était diminué de 18% par rapport aux caucasiennes. Ce n'est pas pour autant qu'il faut se relâcher, puisque les facteurs de risque sont uniquement sociologiques, rappelle le Dr Toral Gathani, auteur principal de l'étude : « Il est important pour les femmes de tous les groupes ethniques de comprendre quels sont les facteurs de risque du cancer du sein modifiables, comme l'obésité et la consommation excessive d'alcool, et de prendre les mesures nécessaires pour réduire les risques. »

 

Ce moindre risque de développer un cancer du sein disparaît totalement lorsque les femmes d'autres origines ethniques adoptent le mode de vie occidental. Les chercheurs rappellent que les femmes asiatiques et noires interrogées sont le plus souvent des immigrées de première génération, qui ont conservé le mode de vie de leur pays d'origine. Le risque de cancer du sein pourrait donc s'accroître fortement chez leur descendance, plus souvent adepte de la vie à l'occidentale.