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Nouvelles recommandations

L’OMS fait la chasse aux sucres cachés

Par Julie Levallois

Attention aux sucres cachés ! Dans ses nouvelles recommandations, l’Organisation Mondiale de la Santé alerte sur les dangers d’une consommation excessive de sucre.

Une cuillère à soupe de ketchup contient une cuillère à café de sucre (PIRARD/ISOPIX/SIPA)

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) fait la chasse au sucre. L’agence sanitaire de l’ONU a émis de nouvelles recommandations sur la consommation quotidienne de sucre, dans le cadre de son programme de lutte contre les maladies non transmissibles. Réduire l’apport en sucres libres à 10 % de l’apport énergétique total est nécessaire pour lutter contre l’obésité, les maladies cardiovasculaires et métaboliques.

 

Surpoids, obésité, caries

Les experts de l’OMS ont passé en revue la littérature scientifique pour évaluer les méfaits et les bienfaits du sucre. Les sucres libres – ajoutés par les industriels, les cuisiniers ou les consommateurs ou présents naturellement dans le miel, le sirop et les jus de fruit – doivent être limités. En effet, plusieurs études ont démontré une association positive entre la quantité de sucre consommée par jour et l’obésité. « Nous avons des preuves solides que maintenir l’apport en sucres libres à moins de 10 % de l’apport énergétique total réduit le risque de surpoids, d’obésité et de caries », commente le Dr Francesco Branca, Directeur du Département de Nutrition pour la santé et le développement à l’OMS. Réduire l’apport à 5 % des consommations totales serait encore plus bénéfique, mais reste « conditionnel », souligne l’agence.

 

Réduire la consommation de sucres est crucial en Europe. En effet, elle varie de 25 % au Portugal à 8 % en Norvège et en Hongrie. C’est donc sans surprise que l’obésité fait des ravages : 15 % des Français sont touchés, selon la dernière enquête ObEpi Roche (2012). La situation est encore plus grave au Royaume-Uni, où un quart de la population est concerné. Selon l’OMS, les sucres libres ont un autre impact, les caries. Leur poids sur les budgets santé des pays riches n’est pas négligeable : 5 à 10 % selon les Etats.

 

Pas de limite sur les fruits et légumes frais

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de prendre particulièrement garde aux sucres dits « cachés », c’est-à-dire contenus dans des aliments pas nécessairement considérés comme sucrés. L’Agence cite notamment le ketchup, dont une cuillère à soupe contient 4 grammes de sucre (1 cuillère à café). La canette de soda (33 cl) détient le record : on y trouve l’équivalent de 10 cuillères à café.

 

Parmi les recommandations pour réduire la consommation de sucre, l’OMS cite « l’étiquetage des aliments et l’étiquetage nutritionnel, l’information du consommateur, la réglementation de la commercialisation des aliments et des boissons non alcoolisées à forte teneur en sucres libres, et les politiques fiscales ciblant les aliments riches en sucres libres. Chacun peut suivre ces recommandations en modifiant ses choix alimentaires », indique l'OMS.

 

Les sucres ajoutés sont donc à éviter. En revanche, les sucres dits « intrinsèques » ne représentent pas de danger particulier : « Comme aucune donnée factuelle ne permet d’établir un lien entre la consommation de sucres intrinsèques et des effets nocifs sur la santé, les recommandations ne s’appliquent pas à la consommation de sucres présents naturellement dans les fruits et légumes frais », précise l’OMS dans sa synthèse.