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Etude dans 17 villes françaises

Pollution : les particules fines augmentent la mortalité à court terme

Par La rédaction

Les particules issues de la pollution atmosphérique sont associées à des décès accrus dans les 5 jours suivant l'exposition.

PAPIX/SIPA

Même à des taux conformes à la réglementation européenne sur la pollution de l’air et même à court terme, les particules fines sont associées à une hausse des décès à court terme. Telle est la conclusion d’une étude publiée par l’Institut de veille sanitaire (InVS) dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH). Cette étude a porté sur les PM10, particules d’un diamètre inférieur à 10 microns (μm) soit une épaisseur 6 à 8 fois moindre que celle d’un cheveu. Ces particules proviennent de la pollution émise par l’industrie, le trafic routier, le chauffage au bois… En pénétrant profondément dans les poumons, elles provoquent des pathologies pulmonaires et cardiovasculaires, qui peuvent conduire à des décès.

Une étude dans 17 villes

L’InVS s’est intéressé à la pollution atmosphérique de 2007 à 2010 dans 17 villes de France métropolitaine, totalisant plus de 15 millions d’habitants. Il s’agissait de Bordeaux, Dijon, Grenoble, Le Havre, Lille, Lyon, Marseille, Montpellier, Nancy, Nantes, Nice, Paris, Rennes, Rouen, Strasbourg, Toulouse, Lens-Douai. L’étude a mis en évidence une hausse de 0,51% de la mortalité non accidentelle lorsque le taux de PM10 avait augmenté en moyenne de 10 g/m3 le jour du décès et les 5 jours précédents. L’ordre de grandeur était similaire pour la mortalité cardiovasculaire. Ces résultats ont été observés même à des concentrations moyennes annuelles conformes à la réglementation européenne (40 μg/m3) et proches des valeurs guides de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) (20 μg/m3). Aucune ville ne dépassait la valeur réglementaire européenne. Seule Dijon était conforme à la valeur guide de l’OMS. Les concentrations moyennes étaient plus élevées l’hiver (30 μg/m3) que l’été (21 μg/m3) dans les 17 villes. Les différences saisonnières étaient plus marquées sur les pics, plus fréquents en hiver.

Un effet différé sauf l’été

L’effet des PM10 sur la mortalité était plus important 2 à 5 jours plus tard que le jour même de l’exposition ou un jour plus tard, sauf en été. Ceci « indique que l’effet de la pollution est différé de quelques jours après l’exposition, sauf en été », commentent Magali Corso et ses collègues. En été, l’effet était plus important le jour suivant, la mortalité non accidentelle étant alors accrue de 1,30% quand le taux de PM10 augmentait de 10 μg/m3.

Ces résultats soulignent « la nécessité d’agir pour diminuer les niveaux de particules en France. Cette action doit concerner tant les pics que les niveaux de fond », recommandent les auteurs.

Ils notent que les résultats qu’ils ont obtenus sont plus faibles que ceux de leurs précédentes études, probablement à cause du changement de la méthode de mesure des particules et par l’introduction de nouvelles villes dans l’analyse.