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Réquisitions par les préfets

Grève à Noël : les médecins libéraux n'assureront pas les gardes

Par Bruno Martrette

Une grève dans 75% des cabinets médicaux est prévue à Noël. Et selon le président du principal syndicat, certains médecins prévoient même de ne pas assurer le système de gardes.

DURAND FLORENCE/SIPA
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« L'ensemble des syndicats ont fait un appel à la fermeture des cabinets de médecins libéraux du 24 au 31 décembre. Or dans notre activité, il y a bien entendu les cabinets, mais aussi la participation aux services de gardes et d'astreintes », a confié ce lundile Dr Jean-Paul Ortiz, président du premier syndicat de médecins libéraux (CSMF).
Pour lui, c'est clair, pendant les fêtes, un certain nombre de médecins dans différentes spécialités (radiologues, pédiatres en maternité, généralistes...) et plusieurs départements ont décidé de ne pas participer au service de permanence de soins dont l'organisation est confiée aux Agences régionales de santé (ARS). « Tous entendent protester contre le projet de loi santé de Marisol Touraine », martèle-t-il. « Débrouillez-vous » est le message que ces syndicalistes veulent faire passer à la ministre. Et selon Jean-Paul Ortiz, cette menace inquiète les ARS.

Ecoutez le Dr Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF : « Les ARS s'inquiètent du mouvement de grève de fin d'année des médecins libéraux et c'est légitime. Elles ont prévu des réunions sur le sujet de l'organisation des gardes. »


Des médecins réquisitionnés par les préfets
Alors, faute de médecins dans le planning des gardes et des astreintes, ces derniers vont être réquisitionnés par les préfets pour assurer la continuité des soins. La preuve, d'après le Dr Ortiz, que « la place de la médecine libérale est indispensable dans notre dispositif. Que ce soit dans les établissements de soins, les cliniques, les marternités...»

En amont de cette date, le préfet va donc établir un tableau avec les médecins réquisitionnés. Et les concernant, le président de la CSMF veut être clair sur le sujet : « Les médecins ne se soustrairont jamais à une réquisition parce que jamais ils ne laisseront tomber leurs patients. Si le préfet prend ses responsabilités, aucun malade ne sera en danger », tient-il à préciser.

Des négociations qui débutent mal
Par ailleurs, sur la réouverture des discusssions autour du projet de loi santé annoncée par la ministre, Jean-Paul Ortiz reste sceptique : « Alors qu'il viendra en discussion au Parlement en janvier prochain, on reste toujours dans un dialogue de sourds », pense-t-il. « La semaine dernière on a eu une réunion au ministère dans laquelle on nous a expliqué qu'on allait nous réexpliquer le projet de loi de santé », raconte-t-il un brin dépité.
« Si c'est pour faire une négociation de façade, ça ne sert à rien. »

Car sur le terrain l'exaspération est grande confie Jean-Paul Ortiz. Avec une liste de motifs de colère qui n'en finit pas : « tiers payant généralisé, mise au pas de la médecine libérale par les ARS, transfert de la vaccination aux pharmaciens, harcèlements des caisses de l'assurance maladie, ou encore des honoraires qui n'ont pas bougé depuis des années », énumère le président du syndicat.

Ecoutez le Dr Jean-Paul Ortiz : « Oui je suis inquiet car je pense que le mouvement de grève va être extrêmement suivi. »


Vers de nouvelles manifestations et des grèves
Enfin, qu'adviendrait-il du mouvement des médecins si Marisol Touraine ne se transformait pas en père Noël ? Si tel était le cas, Jean-Paul Ortiz avertit, « si rien ne bouge rapidement et de façon significative le mouvement va se poursuivre au fil des semaines et des mois qui suivront. Avec peut-être de nouvelles manifestations nationales et des grèves à venir. »