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QUESTION D'ACTU

Demande d'accès au compte pénibilité

Hôpital : 43 % des médecins trouvent leur travail pénible

Depuis des mois, les cinq intersyndicats de praticiens hospitaliers militent pour avoir accès au compte personnel de prévention de la pénibilité. Une enquête montre une nouvelle fois leur mal-être.

Hôpital : 43 % des médecins trouvent leur travail pénible  CHAMUSSY/SIPA

  • Publié 14.11.2014 à 11h00
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Prévu pour ouvrir le 1er janvier 2015, le compte pénibilité du gouvernement exclut pour le moment les médecins du dispositif. Pour cette raisons, les cinq intersyndicales de praticiens hospitaliers (CPH, CMH, INPH, SNAM-HP) ont lancé en octobre 2014 une enquête sur la pénibilité dans les établissements de santé. Son objectif était d’une part « d’identifier si certaines spécialités étaient exposées à des facteurs de pénibilité peu documentés afin qu’ils soient identifiées comme tels par les pouvoirs publics », d'autre part « de tenter de mesurer l’exposition aux pénibilités classiques telles que le travail de nuit. » Les résultats rendus publics ce jeudi témoignent une nouvelle fois du mal-être de ces médecins.

Le poids du travail de nuit
En effet, au vue du nombre de réponses (4 038 en quelques jours), les syndicats soulignent tout d'abord qu'il s'agit d'un thème qui concerne au plus haut point les professionnels. « Les pouvoirs publics ne peuvent pas balayer le sujet de la pénibilité comme s’il n’existait qu’à la marge », est-il écrit dans un communiqué commun des 5 intersyndicats.  
Et les résultats rapportés sont sans appel : 43 % des médecins interrogés se disent exposés au travail en équipes alternantes et au travail atypique de nuit (horaires comprenant au moins une heure de travail entre minuit et 5 heures du matin, associé à du travail de jour en alternance, au moins 50 nuits par an). Près de la moitié d'entre eux sont donc concernés par les critères de pénibilité comme définis dans le Code du Travail.
10 % des sondés disent même travailler au moins 120 nuits par an. Ils estiment donc être en droit bénéficier de cette pénibilité.


L'exposition au risque chimique reste une crainte

Par ailleurs, les auteurs de l'enquête notent que ces résultats sur l’exposition au travail de nuit sont liés au cumul des gardes et astreintes. Car les praticiens hospitaliers en font beaucoup. 942 médecins (23 %) ont ainsi déclaré faire plus de 50 permanences sur place par an. Et 10% des praticiens hospitaliers (PH) ont indiqué faire plus de 50 astreintes déplacées par an.
Autre question posée à ces professionnels : « Êtes-vous concerné par des agents chimiques dangereux y compris poussières et fumées » (toxicité aigue, corrosion cutanée, lésion oculaire grave, sensibilisants respiratoires, cancérogénicité, mutagénicité sur les cellules germinales, toxicité pour la reproduction, effets sur l’allaitement, toxicité pour certains organes cibles, ou toxicité par aspiration) ? Et là encore la réponse n'est pas plus rassurante :
577 (14 %) estiment être exposés au risque chimique. Sont cités les radiations ionisantes, les gaz anesthésiques, ou encore le formol utilisé par les anapathologistes.
Par ailleurs, 475 PH (soit 12 %) se déclarent exposés au bruit : il s’agit de biologistes (machines, centrifugeuses, automates), radiologues (IRM), orthopédistes (moteurs scies), spécialistes de bloc et de réanimation (alarmes et machines) ou encore urgentistes (régulation SAMU, hélicoptère).

La retraite anticipée plébiscitée
Autre constat de cette enquête, les manutentions de charges lourdes concernent 11 % des médecins (brancardage de patients obèses au bloc, en radio, en SMUR). Le port de tabliers de plomb toute la journée est également cité. Enfin, le travail répétitif est subi par environ 3 % des PH, essentiellement pour du travail sur ordinateur des biologistes, radiologues et régulateurs. À noter que 16 PH spécialisés en médecine d’urgence et réanimation travaillent en milieu hyperbare.
Face à ce tableau noir, les PH ont aussi été interrogés dans un deuxième temps sur les compensations éventuelles (prévues dans la réforme du compte pénibilité) qui pourraient les intéresser. Plus de la moitié d'entre eux d’entre eux seraient ainsi tentés par la possibilité d’un temps de travail réduit et 48 % par une retraite anticipée.
Par contre, seuls 14 % d’entre eux opteraient pour une formation-reconversion ouverte en cas d’exposition au risque pendant cinq ans. 



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