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QUESTION D'ACTU

Enquête de la Conférence des DG de CHU

Internes : un hôpital sur cinq n'applique pas le repos de sécurité

Malgré les injonctions ministérielles, certains hôpitaux (notamment les CHU) n'appliquent toujours pas le repos de sécurité auquel ont droit les internes. La grève du 17 novembre est maintenue. 

Internes : un hôpital sur cinq n'applique pas le repos de sécurité LANCELOT FREDERIC/SIPA

  • Publié 04.11.2014 à 12h20
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« Madame la Ministre : assez des belles paroles, il est temps de passer aux actes ! » C'est le message adressé il y a quelques jours à Marisol Touraine par les internes en médecine. Selon eux, les établissements de santé ne suivent toujours pas les injonctions ministérielles en matière de repos de sécurité. En effet, malgré les paroles « martiales » de la Ministre prononcées l'an dernier lors de l’Université de rentrée de l’ISNI, « les internes ne sont pas corvéables à merci », rien n’a changé selon l’Inter Syndicat. Pourtant, en théorie, l'interne bénéficie d'un repos de sécurité à l'issue de chaque garde de nuit d’une durée de 11 heures immédiatement consécutive à la garde.

Un risque d'erreur médicale à la clé
Pour affirmer cela, l'Inter Syndicat se base sur une enquête récente réalisée par la Conférence des directeurs généraux (DG) de CHU concernant le repos après une garde.
La comparaison par rapport aux résultats de l’enquête de l’ISNI de 2012 révèle un constat sans appel : en plus de deux ans, pas la moindre amélioration pour les internes.
En chiffres, le repos de sécurité n’est toujours pas appliqué dans 20 % des cas (plus de 70 % en chirurgie). Et dans près de 70 % des cas, il ne l’est pas à la demande du responsable du service. Par ailleurs, 57 % des internes n’ayant pas eu de repos de sécurité enchaînent avec une autre journée de travail. « Gare aux erreurs médicales », martèlent ces internes.
Pour preuve, l'enquête 2012 de l'ISNI où 15 % des internes interrogés déclaraient avoir commis des erreurs médicales de prescription, de diagnostic ou même d’acte opératoire en lendemain de garde. Plus de 39 % d'entre eux estimaient aussi qu’ils en ont probablement réalisées sans l’affirmer avec certitude.

Les internes, premières victimes de la surcharge de travail
« Comble de l’ironie », pour ces syndicalistes, « alors que les établissements bafouent allègrement les droits des internes sur le repos de sécurité et mettent en danger les patients, leurs représentants écrivent à la Ministre pour ne pas réformer le temps de travail des internes ! » L’ISNI s’est en effet procuré une lettre, adressée à Marisol Touraine, par la FHF, les Conférences des DG de CHRU et directeurs de CH, les Conférences des Présidents de CME de CHU, CH et CHS. Les représentants des hôpitaux s'inquiètent d'une « nouvelle » revendication des internes visant à faire intégrer le samedi matin en période de permanence des soins.


Conclusion pour l'ISNI, « il est plus que temps de prendre des mesures fortes, courageuses et sans appel pour régler la question du temps de travail des internes. Deux mesures simples à prendre : une semaine de travail commençant le lundi matin et se terminant le vendredi soir (le samedi matin passant de garde) et la révision du statut des astreintes. »

Pour rappel, d'après l'enquête menée par l'ISNI en 2012, un interne travaille en moyenne 60 heures par semaine. D'autres études indiquent que plus de 65 % des internes en stage hospitalier travaillent plus de 50 heures hebdomadaires. Et dans certains cas extrêmes, des internes peuvent même faire jusqu'à 90h par semaine pour un stage aux urgences ou en chirurgie par exemple. A cause de cela, l'ISNI rappelle que les internes ont massivement prévu de venir vexprimer leur colère devant le ministère de la Santé le 17 novembre prochain. La grève annoncée au mois d'octobre est donc maintenue.

 

 

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