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Multiplier les cibles

Paludisme : de nouvelles cibles pour vacciner

Par Audrey Vaugrente

Pour lutter contre le paludisme, la quantité pourrait améliorer la qualité d’un vaccin. Des chercheurs ont identifié des anticorps qui permettent de combattre efficacement l’infection.

Kite/Rex F/REX/SIPA

Multiplier les cibles pour éradiquer le parasite responsable du paludisme : c’est ce que proposent des chercheurs de l’Institut de recherche médicale du Kenya (KEMRI). Selon leur étude parue dans Science Translational Medicine, ils sont parvenus à identifier des anticorps qui confèrent une protection contre le Plasmodium falciparum.

 

5 protéines protègent totalement

L’équipe du KEMRI a suivi pendant 6 mois de jeunes Kenyans infectés par le paludisme. Certains sont effectivement tombés malades, mais les autres ne sont jamais parvenus au « stade clinique », c’est-à-dire qu’ils n’ont pas présenté les symptômes. Et pour cause : l’analyse sanguine des enfants a montré qu’ils avaient développé des anticorps très efficaces, qui ont empêché le Plasmodium d’entrer dans les cellules d’hémoglobine.

 

En testant un large éventail de protéines du parasite transmis par l'anophèle, les chercheurs ont identifié des anticorps dont le rôle était jusque-là inconnu. Une combinaison de 5 d’entre eux confère même une protection de 100 % contre le Plasmodium falciparum. Une véritable percée, aux yeux du Dr Julian Rayner, qui a participé à l’étude : « Par le passé, les essais cliniques de vaccins anti-paludéens se concentraient sur une seule cible et avaient un succès limité. Avec cette approche, on peut tester systématiquement un plus grand nombre de cibles, ainsi que des combinaisons de cibles. »

 

600 000 décès chaque année

Les conclusions de l’étude sont elles aussi sans équivoque : les données récoltées « suggèrent non seulement qu’il y a bien plus d’antigènes candidats potentiels à un vaccin contre le paludisme, mais aussi qu’un vaccin efficace peut être obtenu en combinant une sélection de ces antigènes. » Un espoir solide qui intervient à un moment critique : le paludisme résistant aux médicaments s’étend de plus en plus en Afrique subsaharienne, et désormais en Asie. Et chaque année, la maladie parasitaire fait plus de 600 000 morts, dont une majorité d’enfants qui vivent en Afrique subsaharienne. « On a désespérément besoin de vaccins pour combattre le Plasmodium falciparum avant qu’il n’ait l’occasion de rendre les gens malades », martèle le Dr Faith Osier, principal auteur de l’étude. « Cette étude nous fournit un grand nombre de nouveaux vaccins candidats, ce qui offre un réel espoir pour l’avenir. »