- Une fillette de 4 ans est morte à Palerme après avoir contracté la diphtérie, une maladie devenue très rare en Italie.
- La vaccination protège efficacement contre cette infection, contrairement aux affirmations liant vaccins et autisme.
- Ce fait divers rappelle que la vigilance vaccinale reste essentielle.
À Palerme, en Italie, une fillette de 4 ans est morte dans la nuit du 19 au 20 août, après avoir contracté une diphtérie, une infection devenue extrêmement rare dans le pays. Selon le journal italien La Repubblica, l’enfant n’était pas vaccinée, ses parents ayant refusé la vaccination, notamment par crainte d’un lien avec l’autisme. Une enquête a été ouverte par le parquet de Palerme.
Une maladie hautement contagieuse
Anna Rosa Bartolotta a d’abord présenté des symptômes qui pouvaient évoquer une infection banale : fièvre, vomissements et perte d’appétit. Puis son état s’est rapidement aggravé, avec des difficultés respiratoires. Après son admission à l’hôpital, les médecins ont tenté de la sauver par des traitements intensifs : sérum antidiphtérique, antibiotiques et hémodialyse, puis assistance circulatoire extracorporelle (ECMO). "Nous avons tout fait pour sauver la fillette dès le moment où nous l'avons prise en charge", a déclaré Domenico Cipolla, directeur sanitaire de l'hôpital Civico, cité par La Repubblica. Malgré ces soins, l’enfant est décédée d’une défaillance multiviscérale.
La diphtérie est une infection respiratoire hautement contagieuse, provoquée par des souches de la bactérie Corynebacterium diphtheriae. Transmise principalement par voie respiratoire, elle peut provoquer une inflammation sévère de la gorge et des voies aériennes, mais aussi des complications cardiaques ou neurologiques. D’après le ministère italien de la Santé, seuls cinq cas de diphtérie avaient été signalés en Italie depuis 2000. Les derniers cas autochtones remontaient à la fin des années 1990, selon les experts.
La vaccination au cœur du débat
La Repubblica précise que les parents de la fillette auraient refusé la vaccination, convaincus que le vaccin pouvait provoquer l’autisme. Une affirmation pourtant démentie par les données scientifiques. Dans un rapport de 2025, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) affirmait que "les vaccins, y compris ceux contenant du thiomersal et/ou de l'aluminium, ne provoquent pas d'autisme".
La Société italienne d’hygiène, de médecine préventive et de santé publique (S.It.I.) souligne que la rareté actuelle de la diphtérie est précisément liée à l’efficacité de la vaccination. "Le succès des vaccinations risque parfois de faire oublier la gravité des maladies qu'elles ont contribué à rendre rares. Nous ne pouvons pas nous permettre de baisser la garde", estime son bureau régional sicilien.
La situation française rappelle que la maladie circule encore : Santé publique France a recensé 39 cas de diphtérie sur les différents territoires français en 2025. Pour les personnes non immunisées, le risque demeure, notamment lors de contacts avec des zones où la bactérie circule davantage.


