- 5 personnes sont décédées d'une infection par virus du Nil occidental en Macédoine du nord.
- Au total, le virus a été détecté dans 99 zones de 12 pays européens depuis le début de l'été.
- En cas d'infection, des complications neurologiques apparaissent dans environ 1 % des cas.
Cinq personnes sont décédées du virus du Nil occidental en Macédoine du Nord. Cette annonce des autorités macédoniennes, faite le 22 août, intervient alors que 12 pays européens, dont la France, enregistrent une hausse des cas depuis le début de l'année.
Virus du Nil occidental : de nombreux cas repérés en Europe
La Macédoine du Nord, qui a enregistré 5 décès liés à une infection par le virus du Nil occidental, fait face à une situation difficile avec 43 cas confirmés au cours des trois dernières semaines. "Presque chaque jour, quelqu’un est hospitalisé et le nombre [de patients] à la Clinique est d’environ 20 à 21", a expliqué Fadil Cana, directeur de la Clinique des maladies infectieuses, à l’AFP. D’ailleurs, l’état épidémique a été déclaré début août dans plusieurs municipalités de la capitale Skopje et sa région. Les autorités locales ont demandé à la population de se protéger contre les moustiques, notamment en supprimant les points d’eau stagnante qui peuvent servir de lieu de ponte.
Une journée avant cette annonce, le centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) avait mis en garde contre la progression en Europe de cette maladie transmise via la piqûre de moustiques du genre Culex. En effet, le virus du Nil occidental a été détecté dans 99 zones réparties dans 12 pays européens : l’Albanie, l'Autriche, la France, l'Allemagne, la Grèce, l'Italie, le Kosovo, les Pays-Bas, la Macédoine du Nord, la Roumanie, la Serbie et l'Espagne. Avec respectivement 311 et 157 cas, l’Italie et la Grèce sont les pays les plus touchés. À titre de comparaison, l’infection avait été repérée uniquement dans 67 zones de neuf pays du vieux continent en 2025.
Concernant l’Hexagone, 18 cas autochtones d’infection à virus West Nile (Provence-Alpes-Côte d'Azur, Occitanie et Île-de-France) ont été répertoriés depuis le début de l’année, selon le bulletin du 19 août de Santé publique France.
Les chiffres européens, déjà inquiétants, pourraient encore grossir. "Comme la transmission culmine généralement en août et début septembre, on peut s'attendre à d'autres cas", prévient l’ECDC dans un communiqué. "La propagation de la transmission du virus du Nil occidental, de même que celle d’espèces invasives de moustiques, montre que l’Europe doit renforcer ses capacités de contrôle contre les moustiques", ajoute Céline Gossner, experte de l’ECDC dans les maladies liées à l’alimentation, l’eau et les zoonoses.
"Pour un contrôle efficace des moustiques, nous avons besoin d’une coopération étroite en Europe et d’une approche intégrée qui associe la surveillance des moustiques, la mobilisation des communautés et des solutions ciblées de lutte incluant l’impact environnemental", conclut la spécialiste.
Infection par virus du Nil occidental : quels sont les signes à repérer ?
La période d’incubation d'une infection par le virus du Nil occidental (VNO) est en moyenne de 2 à 6 jours après la piqûre d’un moustique contaminé. Néanmoins, elle peut aller jusqu’à 14 jours. Dans 8 cas sur 10, la maladie est asymptomatique. Chez les patients qui présentent des signes de la maladie, ils ont une fièvre importante qui apparaît brutalement. Elle s’accompagne ensuite de maux de tête, de toux, de douleurs dorsales et musculaires, ainsi qu’un gonflement des ganglions du cou. Certains malades peuvent aussi souffrir d’une éruption cutanée, des nausées, de douleurs abdominales, de diarrhées ou des troubles respiratoires.
"Des complications neurologiques (méningite, encéphalite) surviennent dans environ 1 % des cas. Plus rarement encore, le cœur, le foie et le pancréas peuvent être affectés. Dans la majorité des cas, le malade guérit spontanément. Néanmoins, l’infection peut être grave voire mortelle, principalement chez les personnes âgées et immunodéprimées", indique l’Institut Pasteur sur son site internet.


