- L'épidémie de grippe 2025-2026 a été portée exclusivement par les virus de type A.
- Son intensité était faible à modérée en ville mais élevée à l’hôpital. De plus, elle a eu un impact important sur la mortalité début 2026.
- Des chercheurs ont mis au point un nouveau modèle de vaccin qui pourrait aider à protéger contre un plus grand nombre de souches de la grippe.
La grippe qui a sévit au cours de cet automne-hiver 2026, été moins sévère que la saison précédente. Les Français qui ont passé plusieurs jours alités à cause du virus cette année, discuteront certainement cette affirmation. Toutefois, c'est bien ce que révèle les chiffres globaux du bilan annuel publiés par Santé Publique France, le 15 avril 2026.
Grippe 2025-2026 : une épidémie marquée d’un niveau d’intensité faible à modéré
La grippe 2025-2026 a démarré de façon plutôt précoce début décembre et circulé 10 semaines. Ce qui correspond à la durée moyenne d’une épidémie de grippe dans l’Hexagone au cours de la période 2011-25.
Portée par des virus de type A, "cette épidémie a été marquée par un niveau d’intensité faible à modéré en médecine de ville", avec environ 1,2 million de consultations attribuables à la grippe et près de 158.000 actes SOS Médecins, tous âges confondus. "Ces valeurs sont nettement inférieures à celles atteintes lors de l’épidémie de grippe 2024-25". Par contre, l’impact de la maladie a été "plus important à l'hôpital" et sur la mortalité. En effet, un pic de morts liées à la grippe a été enregistré début janvier, avec 7,3 % des décès "valeur légèrement supérieure à celle atteinte au pic de l’épidémie 2024-25 (7,1 %)".
"Toutefois, le nombre total de décès grippe déclarés via ce dispositif en 2025-26 est demeuré inférieur à celui de la saison dernière (4.389 vs 4.925). Il en a été de même avec l’excès de mortalité toutes causes confondues, estimé à 12.700 décès au cours de l’épidémie 2025-26 (vs 17.900 en 2024-2025)", ajoute le rapport annuel.
Bientôt un vaccin contre la grippe universel ?
La couverture vaccinale contre la grippe au 28 février 2026 en France a été estimée à 49,6 % chez l’ensemble des personnes à risque ciblées et de 56,7 % chez les personnes de 65 ans et plus. Ces taux sont supérieurs à ceux de la saison 2024-2025. "Cette augmentation de couverture vaccinale dans toutes les catégories de personnes ciblées par la vaccination, est observée pour la première fois depuis la pandémie de la Covid-19", se réjouit Santé Publique France. La vaccination reste, en effet, l’un des meilleurs moyens de se protéger de la grippe, surtout pour les personnes à risque.
Cependant, cette arme a un défaut de taille : tous les ans, les vaccins mis au point pour la saison à venir ne ciblent qu’une seule souche : celle qui semble dominante selon les données de la surveillance des virus en circulation au moment de la confection du vaccin annuel. Ainsi, les injections ne protègent pas de tous les virus. Mais cela pourrait changer ! Des chercheurs de l’université de l'école de médecine de l'université du Missouri ont fait une découverte qui permettrait de protéger la population contre un plus grand nombre de souches.
"Dans notre modèle de vaccin, nous avons ciblé des régions spécifiques et distinctes de la protéine à la surface du virus de la grippe. Ces régions sont appelées épitopes", explique Henry Wan, auteur de l'étude, dans un communiqué. "Le modèle comprenait différents épitopes dans l'espoir de modifier la réponse immunitaire. Nous avons constaté que cette approche vaccinale permettait au système immunitaire de cibler un plus grand nombre de variants du virus, offrant ainsi une protection plus étendue."
Le scientifique précise que ces épitopes permettent au système immunitaire de reconnaître autrement le virus et d'apprendre à réagir de manière plus coordonnée. "Certains de ces épitopes sont également moins susceptibles de muter, ce qui pourrait rendre les vaccins antigrippaux plus fiables, voire permettre la création d'un vaccin contre la grippe universel", ajoute-t-il.
Si l’efficacité de ce type de vaccin est confirmée par d’autres études, la méthode pourrait aussi être utilisée dans la lutte contre la Covid-19 ou le virus respiratoire syncytial, responsable notamment de la bronchiolite.



