- Une étude, suivant 231 femmes de la grossesse jusqu’au post-partum, montre qu’une mauvaise qualité de sommeil était associée à davantage de symptômes d’anxiété et de troubles obsessionnels-compulsifs.
- Les perturbations du sommeil prédisent davantage l’augmentation des symptômes anxieux que l’anxiété ne prédit les problèmes de sommeil.
- Ainsi, les troubles du sommeil pourraient constituer une cible pertinente pour les interventions en santé mentale périnatale.
La dépression post-partum et périnatale sont désormais des maladies bien documentées, mais l'anxiété, trouble pourtant plus fréquent et associé à des issues maternelles et infantiles défavorables, a été moins étudiée. C’est pourquoi des chercheurs de l'université Washington de Saint-Louis (États-Unis) ont mené une étude au cours de laquelle ils ont examiné les liens entre les symptômes d'insomnie et la durée du sommeil, et l'anxiété périnatale, les croyances obsessionnelles et les symptômes obsessionnels-compulsifs.
Grossesse : moins les femmes enceintes dorment, plus elles sont anxieuses
Dans le cadre des travaux, parus dans la revue Sleep, l’équipe a recruté 231 femmes enceintes. Elles ont été interrogées en début et en fin de grossesse, ainsi qu'en début et en fin de période post-partum, afin d'étudier l’association entre les perturbations du sommeil et les symptômes anxieux et de TOC. "Bien dormir peut être difficile" durant la période périnatale, qui s'étend de la grossesse jusqu'à la première ou les deux premières années de l'enfant, selon Rebecca Cox, professeure de psychologie et de neurosciences et auteure principale des recherches. Ces troubles peuvent être causés par divers facteurs, tels que des changements hormonaux et physiques, ainsi que par le stress lié à la grossesse.
Pour les recherches, les participantes ont rempli plusieurs questionnaires sur leurs habitudes de sommeil et leur niveau d'anxiété. Ces derniers comportaient des questions relatives aux inquiétudes concernant le bébé ou à la peur qu'il lui arrive malheur, ainsi que des questions relatives aux traits obsessionnels-compulsifs, comme les pensées du type "des choses dangereuses vont se produire si je ne fais pas très attention."
Selon les résultats, les troubles de sommeil, qui sont particulièrement prononcés au cours du troisième trimestre, augmentent durant les premiers mois suivant l'accouchement, puis se stabilisent, étaient lié à l’anxiété. Plus précisément, une durée de sommeil plus courte augmentait le risque d’anxiété et des pensées obsessionnelles au fil du temps. Les femmes ayant rapporté à la fois des symptômes d'insomnie plus importants et une durée de sommeil plus courte présentaient en moyenne une anxiété plus élevée.
Les troubles du sommeil, un facteur de risque modifiable de l'anxiété périnatale
Afin d’aller plus loin, les auteurs ont examiné comment la confiance des volontaires en leur capacité à gérer la situation influence leur sommeil et leur anxiété. "Les mesures des stratégies d'adaptation évaluent le sentiment d'une personne de maîtriser la situation, ou sa capacité perçue à s'adapter avec souplesse aux exigences changeantes", a précisé Rebecca Cox. Les données ont montré que les stratégies d'adaptation n'influençaient pas le lien entre le sommeil et les pensées obsessionnelles. L'hypothèse inverse, à savoir que l'anxiété et les pensées obsessionnelles prédisent un manque de sommeil, n'a pas été confirmée, ce qui signifie que le manque de sommeil précède généralement l'apparition des symptômes anxieux. Face à ces résultats, les scientifiques soulignent que le sommeil devrait être considéré comme une cible de prévention et de traitement.


