- Le premier baromètre de la fertilité révèle que 65 % de 1.200 Françaises, en âge de procréer, interrogées pensent que l’infertilité commence à 50 ans.
- Au total, 38 % des volontaires déclarent que l’âge idéal pour avoir un premier enfant est 35 ans ou plus, sans nécessairement mesurer l'impact de l'âge sur les chances de concevoir.
- En ce qui concerne la reproduction assistée, plus de 50 % des patientes qui envisagent de devenir mères affirment ne pas être "du tout informées."
Pression économique, craintes liées au changement climatique, incertitudes sur l'avenir… Dans un contexte où le gouvernement français appelle à un "réarmement démographique", de nombreux facteurs freinent le désir ou le projet de maternité. Derrière ce report de maternité, il se cache également une méconnaissance profonde et généralisée de leur propre fertilité. C’est le constat fait par le premier baromètre de la fertilité, réalisée par Eugin, réseau espagnol de cliniques de procréation médicalement assistée (PMA).
Les femmes qui "veulent devenir mères ne disposent ni des conditions, ni de l'information pour y parvenir sereinement"
Dans le cadre d’une enquête, menée auprès de 1.200 Françaises en âge de procréer (18 à 49 ans), les femmes signalent ne pas connaître leur capacité à concevoir un enfant. En effet, 65 % des participantes pensent que l’infertilité commence à 50 ans. Pour rappel, les médecins situent le déclin de la fertilité féminine dès 35 ans. Autre constat : 73 % des répondantes envisageant la maternité considèrent que l’âge idéal pour avoir un premier enfant est 30 ans ou plus et 38 % placent l’âge réaliste à 35 ans ou au-delà, sans nécessairement mesurer l'impact de l'âge sur les chances de concevoir. Ce manque de connaissances est à l’origine de décisions reproductives prises dans le flou, de diagnostics tardifs et de traitements initiés trop tard pour être pleinement efficaces.
"Ce que révèle ce baromètre dépasse la question de la PMA. C'est le portrait d'une société où les femmes veulent devenir mères, mais ne disposent ni des conditions, ni de l'information pour y parvenir sereinement. Nous observons une situation identique en Espagne et dans beaucoup d’autres pays développés hélas. L'information médicale sur la fertilité doit être accessible bien avant que les difficultés n'apparaissent. Attendre que les femmes poussent la porte d'une clinique, c'est déjà souvent trop tard", a déclaré la Dr. Amelia Rodríguez-Aranda, Directrice médico-scientifique d’Eugin.
PMA : les patientes ne se tournent pas vers un gynécologue
Face à ce déficit d’informations persistant sur la fertilité, les experts ont voulu déterminer comment les femmes s’informaient sur leur capacité de conception et les solutions proposées en cas d’infertilité. Les résultats montrent que, pour s’informer sur la PMA, 36 % des volontaires font des recherches sur Internet et 24,4 % se tournent vers leurs proches, plutôt que de consulter un médecin. "Pourtant, le gynécologue reste la source jugée la plus fiable et la plus influente, tous profils confondus. C'est la conversation qui manque : celle sur la fertilité n'est pas initiée assez tôt en consultation de routine, un constat partagé dans de nombreux pays européens." Ainsi, les patientes cherchent des réponses dans un écosystème informel où les mythes et les idées reçues circulent. Plus de 50 % de celles qui envisagent la maternité se déclarent "pas du tout informées" sur la reproduction assistée.



